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Bulletin Quotidien Europe N° 12195
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Néanmoins, elle persiste

Le Parlement britannique a démonté la stratégie à l’égard du Brexit adoptée par le Premier ministre, diminuant encore un peu plus les chances de voir l’UE accepter de modifier le projet d’accord de retrait. « Néanmoins, elle persiste », pour reprendre à peu de choses près la récente maxime féministe américaine. 

Jeudi, 303 députés (contre 258) ont rejeté la motion de Theresa May relative à la manière de conclure un accord sur le Brexit, alors que les députés d’arrière-ban favorables au retrait se sont abstenus (voir autre nouvelle). Toutefois, le vote n’était organisé qu’à titre « indicatif » et n’est pas contraignant – en d’autres termes, il était inutile et dénué de sens – alors que le Premier ministre ne s’est même pas donné la peine de se présenter à la Chambre des communes pour entendre les résultats. 

Plus tôt cette semaine, Mme May avait envoyé son ministre chargé du Brexit, Stephen Barclay, à Bruxelles et à Strasbourg, mais de véritables négociations, comme celles organisées en 2017-2018, n’ont pas repris. Et alors qu’un autre vote du Parlement britannique est prévu le 27 février et qu’un rendez-vous May/Juncker est fixé à cette période, il est peu probable qu’elles reprennent de sitôt. 

Les deux parties semblent jouer la montre jusqu’au sommet de l’UE des 21 et 22 mars, ou jusqu’au jour du Brexit, le 29 mars. Olly Robbins, le conseiller du gouvernement britannique sur le Brexit, présent à Bruxelles cette semaine, aurait tenu le même discours, ajoutant que l’UE accorderait probablement au Royaume-Uni une extension de la période prévue à l’article 50 plutôt que de risquer une absence d’accord sur le Brexit

L’analyse de l’UE n’est pas très éloignée de ces propos. Depuis quelque temps, Bruxelles craint que les députés britanniques ne se mettent à prendre le sujet du Brexit au sérieux que lorsqu’il se trouvera au seuil de leur porte. La ministre française chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a publié sur Twitter vendredi : « Face à cette incertitude, il est de la responsabilité de chacun de se préparer à un #Brexit sans accord ». Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, a confié à des journalistes à Dublin que le manque de clarté suite au vote de jeudi était « frustrant ». Il subit de plus en plus de pression après qu’un diplomate chevronné de l’UE a déclaré à Reuters qu’en cas d’absence d’accord sur le Brexit, le gouvernement devra mettre en place une frontière douanière sur l’île ou faire face à une frontière de facto avec le reste du marché unique de l’UE. 

Que se passe-t-il maintenant ? 

La stratégie britannique reste la même : demander des modifications de l’accord de retrait afin de limiter dans le temps la solution de sécurité relative à la frontière irlandaise ou de la révoquer unilatéralement. Selon l’UE, cette option est impossible, bien qu’elle envisage de revoir certaines clauses et d’adopter des termes juridiques plus contraignants. 

Andrew Duff, un ancien député européen britannique libéral, et voix de la raison dans le débat sur le Brexit, estime que des changements apportés à la déclaration politique et l’ajout d’une nouvelle annexe juridiquement contraignante à l’accord de retrait permettraient de sortir de l’impasse – mais cela signifierait que le Royaume-Uni renonce à ses limites relatives à une politique commerciale indépendante et à la libre circulation. D’après lui, un nouvel « accord douanier » concernant les biens pourrait résoudre le problème de la frontière irlandaise, alors que l’UE devrait utiliser des termes « moins sournois et plus positifs » au sujet de la future relation commerciale. 

M. Barclay devrait revenir à Bruxelles lundi après-midi pour rencontrer le négociateur en chef de l’UE Michel Barnier, selon des responsables britanniques. Mais ils n’ont « rien d’autre à confirmer pour l’instant »(Version originale anglaise par Sarah Collins)

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