Si, en 2016, Facebook a failli à préserver l’indépendance des élections sur le réseau social, comme l'a mis en lumière l’affaire ‘Cambridge Analytica’ (EUROPE 11999), en 2018, il se dit prêt à relever le défi. Son PDG, Mark Zuckerberg, a détaillé jeudi, dans une publication, son plan de combat.
Lundi 17 septembre, sur Twitter, la commissaire européenne à la Justice, Věra Jourová, a salué toutes ces bonnes intentions et ajouté qu’elle attend du réseau social qu’il soit fin-prêt pour les élections européennes de 2019.
La semaine dernière, la Commission a en effet dévoilé une série de mesures et de recommandations pour garantir un environnement électoral sans manipulation extérieure en vue de cette échéance cruciale (EUROPE 12094).
Mener la guerre contre les faux comptes
Cette année, Facebook entend continuer à traquer les faux comptes, canal important de désinformation en ligne. Pour cela, le réseau social a créé des systèmes permettant de bloquer, chaque jour, des millions de faux comptes.
Au total, ce serait plus d’un milliard de faux comptes qui auraient été supprimés entre octobre et mars de 2018 - pour la grande majorité, dans les minutes qui ont suivi leur création, explique le jeune milliardaire américain.
« Ces systèmes ne seront jamais parfaits », admet-il, « mais en investissant dans l'intelligence artificielle et en augmentant le nombre de personnes, nous continuerons à nous améliorer ».
Réduire la diffusion des fausses informations
Facebook identifie de manière générale trois canaux de diffusion de la désinformation en ligne à caractère politique : les faux comptes, les ‘spammeurs’ motivés par des raisons économiques ou encore les utilisateurs ordinaires, qui souvent ne savent pas qu’ils diffusent de fausses informations.
Selon ces catégories, la réaction varie. Pour ce qui est de la désinformation qui peut inciter à la violence, Facebook supprime immédiatement le contenu. Dans d’autres cas, le réseau social se concentre sur la réduction de la diffusion de l’information plutôt que sur sa suppression.
« La clé est de perturber leurs incitations économiques », explique M. Zuckerberg. Ainsi, une des stratégies de Facebook consiste à interdire aux faux comptes et personnes identifiées comme diffusant souvent de fausses informations de faire de la publicité.
Pour les utilisateurs ordinaires, la tâche se complique. Lorsqu'une publication est signalée comme potentiellement fausse et devient virale, elle est soumise à des « vérificateurs de faits indépendants ». Si l’information est jugée fausse, la publication sera rétrogradée sur le réseau social et perdra, en moyenne, 80 % de ses « vues » futures.
Lever le voile sur la publicité politique
Autre bonne résolution : tenir pour responsables les annonceurs des publicités qu’ils mettent en ligne (EUROPE 11992). Les entreprises qui abordent par le biais de publicités certaines questions sensibles du point de vue politique, notamment les droits civils ou l’immigration, font l’objet de vérifications, assure M. Zuckerberg.
« Lorsque nous avons décidé cette politique, nous avons également discuté de la question de savoir s'il serait préférable d'interdire complètement les publicités politiques », explique-t-il.
Si la solution semblait au premier abord « simple et attrayante », Facebook s’en est finalement détourné. Cela, non pas « en raison de l’argent », précise le PDG, mais afin de ne pas priver les utilisateurs d’un outil important pour s’engager dans le processus politique.
Ce processus de vérification serait d’ailleurs très coûteux, selon lui, ne permettant plus au réseau social de réaliser de « profits significatifs » sur les publicités politiques. (Marion Fontana)