La visite du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, flanqué de la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, auprès du président américain Donald Trump et de son administration, mercredi 25 juillet à Washington, vise à « maintenir le dialogue » et « dédramatiser la situation » dans un moment de fortes tensions commerciales, a confirmé le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, lundi 23 juillet.
« Il s'agit d'une discussion. C'est une opportunité pour dédramatiser la situation et engager un dialogue ouvert et constructif avec nos partenaires américains. M. Juncker défendra l'argumentaire européen : l'UE défend un commerce juste, libre et équitable partout dans le monde. Nous l'avons démontré avec la signature d'un accord commercial historique avec le Japon », a insisté M. Schinas.
« Nous y allons avec les meilleures intentions », dans l'espoir d'une « désescalade », avait assuré Mme Malmström en fin de semaine dernière.
M. Juncker sera reçu à la Maison-Blanche à 13h30 heure locale avant de prononcer un discours à 16h00 devant le Center for Strategic and International Studies. Mme Malmström, pour sa part, doit rencontrer des membres du Congrès et du Sénat américains.
La Commission veut notamment convaincre M. Trump de renoncer à un relèvement tarifaire sur les importations de voitures, mais ne se rend pas aux États-Unis pour négocier (EUROPE 12066).
Face aux menaces de M. Trump de frapper ses exportations de voitures de droits de 20%, l'UE planche déjà sur une liste de produits américains à taxer en cas de droits de douane sur ses voitures, a confirmé Mme Malmström la semaine dernière.
Agenda positif versus vaste accord commercial
Selon l'approche européenne, l'objectif est d'explorer les options pour une désescalade des tensions en s'appuyant sur le plan en quatre points, convenu par les dirigeants européens le 17 mai, qui inclut des pourparlers sur une libéralisation tarifaire pour les produits industriels (y compris les voitures) et sur l'ouverture des marchés publics, sur une coopération réglementaire volontaire, sur une coopération accrue sur l'énergie et le GNL et sur une réforme de l'OMC (EUROPE 12022).
Des discussions sur cet 'agenda positif' pour améliorer le climat du commerce transatlantique restent toutefois conditionnées à la levée des taxes américaines sur les importations d'acier et d'aluminium imposées aux producteurs européens depuis le 1er juin.
En marge de la réunion du G20-Finances de Buenos Aires, dimanche 22 juillet, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a indiqué que les États-Unis voulaient un vaste accord commercial avec l'UE qui aille au-delà d'une libéralisation tarifaire sur les marchandises. « Il s'agit de supprimer les barrières non tarifaires et les subventions. Ce doit être un accord dans son entièreté », a-t-il précisé.
L'UE et les États-Unis ont négocié entre 2013 et fin 2016 un vaste accord de libre-échange, le TTIP. Les négociations sont gelées depuis l'élection de M. Trump, fin 2016, et les Européens ne les considèrent plus à l'ordre du jour (EUROPE 12026).
« Nous refusons de négocier avec un revolver sur notre tempe », a prévenu le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, en marge du G20-Finances à Buenos Aires, en réclamant que M. Trump renonce aux droits de douane sur l'acier et l'aluminium et cesse ses menaces sur les voitures.
« J'appelle les États-Unis à revenir à la raison, à respecter les règles mondiales et à respecter leurs alliés. La loi de la jungle ne mènera qu'au chaos. Nous ne voulons pas que la guerre commerciale s'intensifie. Nous sommes prêts à trouver un moyen de sortir de la situation actuelle, mais c'est aux États-Unis de faire le premier pas. Ce sont eux qui ont été les premiers à augmenter les tarifs douaniers », a-t-il insisté. (Emmanuel Hagry)