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Bulletin Quotidien Europe N° 12068
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Blanchiment

La polémique continue à Malte malgré la publication des résultats de l'enquête innocentant M. Muscat

La publication des conclusions de l'enquête, dimanche 22 juillet, innocentant le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, et plusieurs personnes de son entourage de toute allégation de blanchiment d’argent et de corruption révélés dans le cadre du scandale des Panama Papers, n'a pas suffi à apaiser la polémique à Malte.

« La déclaration publique de Joseph Muscat en réaction au rapport d'enquête et la communication publique de ses collaborateurs et partisans s'est concentrée sur l'absence d'autres preuves qu'Egrant Inc. appartient à Joseph Muscat ou à son épouse, Michelle, plutôt que sur la question clé de l'intérêt public qui n'a pas été satisfaite par l'enquête : qui est l'ultime propriétaire effectif de la défunte société panaméenne Egrant Inc. ? » a réagi dans une déclaration, lundi 23 juillet, la famille de la journaliste Daphne Caruana Galizia, à l'origine de ses révélations et assassinée en octobre 2017 (EUROPE 11885).

Pour le Premier ministre, les conclusions du rapport de 1 500 pages remis samedi au ministre de la Justice par le juge Aaron Bugeja « ne laissent aucun doute et sont claires comme du cristal ».

Répondant le même jour à la déclaration de la famille Caruana Galizia, le gouvernement maltais - qui a multiplié les déclarations publiques durant le week-end - prévient qu’il s’opposera à toute autre fausse déclaration visant à « poursuivre ce qui est maintenant certifié comme étant le plus grand mensonge de l’histoire politique de Malte ».

Retour sur la saga. Au cœur de cette enquête qui a duré 15 mois : les accusations selon lesquelles l’épouse de M. Muscat serait la bénéficiaire effective d’Egrant Inc., une des trois entreprises panaméennes acquises par le cabinet d’avocats maltais Nexia BT grâce aux services Mossack Fonseca, et qu'elle aurait reçu 1 million de dollars de la fille du Président de l’Azerbaïdjan (EUROPE 11777).

Ces révélations avaient mené à l’organisation d’élections anticipées sur l’île (EUROPE 11802).

Citant les conclusions de l’enquête, M. Muscat a déclaré que les documents avaient été falsifiés et que l’enquête n’avait pas permis de concilier les versions de plusieurs témoins, notamment de la journaliste anticorruption et de Maria Efimova, une employée de la banque maltaise Pilatus accusée de blanchiment d’argent et autres crimes financiers (EUROPE 12053).

L'enquête n'a pas non plus fourni de preuves quant à l’implication de l'épouse de M. Muscat, du ministre maltais Konrad Mizzi et de son chef de cabinet, Keith Schembri, ni de l’ancien commissaire européen à la santé, John Dalli, dans des pratiques de corruption ou de blanchiment d’argent, par l’intermédiaire de Pilatus Bank, a-t-il expliqué dans une déclaration de plusieurs pages dimanche. 

« Il s'agissait donc d'une tentative claire de coup monté contre moi en ma qualité de Premier ministre et contre moi et ma famille », a-t-il déclaré.

Jospeh Muscat demande maintenant que l’ancien leader de l’opposition, Simon Busuttil, démissionne de « toutes les fonctions qu’il occupe à Malte et à l’étranger » pour avoir soutenu ces assertions de corruption. 

« Jamais auparavant, dans l'histoire de notre pays, il n'y a eu un politicien si irresponsable, faisant abstraction du bien-être du pays et qui est allé jusqu'à mettre en danger la stabilité du pays pour son profit personnel et sa gloire », a-t-il dénoncé.

Pour la famille Caruana Galizia, le Premier ministre devrait aussi demander la démission de M. Schembri et M. Mizzi pour avoir créé des sociétés panaméennes peu après les élections de 2013.

Seules les conclusions de l’enquête ont été rendues publiques. Le Premier ministre a demandé que le rapport soit publié dans son intégralité, tout comme plusieurs parties prenantes dans cette affaire. (Marion Fontana)

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