Surfant sur la vague de la réunion ministérielle du 30 janvier, les négociateurs de l'UE et du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) tentent, cette semaine à Bruxelles, de réduire leurs divergences pour paver la voie à un accord politique, d'ici fin février, en vue d'un accord de libre-échange.
Aucune information significative n'a filtré de la réunion au niveau des négociateurs en chef de la Commission européenne et du bloc Mercosur, vendredi 2 février à Bruxelles, qui a donné le coup d'envoi à un nouveau round de négociations au plan technique cette semaine dans la capitale belge.
L'objectif affiché la semaine dernière par les négociateurs au plan politique reste de dégager un compromis avant le début de la campagne pour les élections générales du Brésil, en mars.
Un accord politique que le ministre uruguayen des Affaires étrangères, Rodolfo Nin Novoa, a dit, samedi 3 février, attendre lors d'une réunion ministérielle « le 26 février à Asunción ».
« Les deux premiers piliers » du futur accord d'association UE/Mercosur, les piliers politique et de coopération « sont presque fermés et il reste à faire les ajustements nécessaires pour fermer le troisième pilier, relatif à l'économie », a déclaré M. Nin Novoa, dans un entretien avec une radio uruguayenne.
Soulignant « l'intérêt particulier » de l'Uruguay en matière agricole, secteur dans lequel l'UE devait faire des concessions, M. Nin Novoa a, en particulier, dit attendre du bloc européen une « meilleure offre » en matière d'accès au marché pour le riz.
M. Nin Novoa a aussi rappelé que les produits laitiers, secteur où l'UE a beaucoup d'intérêts offensifs, représentait « une ligne rouge » pour son pays, en raison de la chute des prix internationaux.
« Les producteurs européens peuvent y faire face grâce aux aides internes, mais, dans le bloc Mercosur, nous ne subventionnons pas. Cela met notre production nationale dans une situation périlleuse et nous ne sommes donc pas d'accord pour discuter de ces questions », a-t-il insisté.
Pour tenter de sceller un accord, l'UE a proposé une offre recalibrée en matière d'accès au marché agricole, conditionnée à des concessions du Mercosur concernant l'accès à son marché pour les produits industriels (en particulier les voitures et les pièces détachées automobiles), les services (en particulier les services maritimes) et les marchés publics et pour des produits agricoles pour lesquels l'UE a des intérêts offensifs, tels que les produits laitiers (EUROPE 11950, 11951 et 11952).
D'après nos informations, la Commission a proposé d'améliorer son offre agricole pour tous ses produits sensibles sauf l'éthanol (avec un contingent d'importation inchangé à 600 000 tonnes).
La Commission a ainsi proposé de porter le quota d'importation tarifaire de l'UE pour le bœuf sud-américain de 70 000 à 99 000 tonnes avec un ratio viande fraîche/viande congelée inchangé à 50%-50% et un droit inchangé à 7,5% applicable pour chaque tranche.
L'offre recalibrée de l'UE prévoirait aussi un accès au marché amélioré pour la volaille, le maïs et le sucre (avec un quota à 120 000 tonnes au tarif de 98 euros par tonne). (Emmanuel Hagry)