Il semble de plus en plus difficile de pouvoir clôturer les négociations du Brexit sur le divorce entre l'UE et le Royaume-Uni et entamer les sujets de la transition et du commerce avant une nouvelle échéance fixée en décembre. Alors que le Royaume-Uni continue d’envoyer des signaux contradictoires et que l’UE refuse d’aborder le dossier de l’argent, les deux parties se trouvent toujours dans une impasse.
Il ne reste que six semaines avant la prochaine rencontre des dirigeants européens, qui se réuniront pour déterminer si des progrès « suffisants » auront été accomplis dans les négociations sur le Brexit.
Mais une semaine après le sommet d’octobre (voir EUROPE 11888), les négociateurs n’ont réalisé aucune avancée et ont même échoué à fixer une date pour le prochain tour de négociations.
La date la plus probable est la semaine du 13 novembre, mais des sources proches de l’UE affirment que les négociations ne pourront pas se poursuivre à moins que le Royaume-Uni donne plus d’informations sur le dossier du solde budgétaire.
Les négociateurs britanniques estiment toutefois que leur Premier ministre, Madame Theresa May, a fait des concessions durant son discours du 22 septembre à Florence (voir EUROPE 11868), lorsqu’elle a promis d’« honorer les engagements » pris au cours de l'appartenance de son pays à l’UE et de couvrir les paiements au budget actuel de l’UE.
Mais l’UE demande toujours plus de précisions. Stefaan De Rynck, un conseiller du négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a parfaitement saisi le manque de confiance entre les deux parties quand il a déclaré, cette semaine, que l’UE avait besoin d’« une méthode pour pouvoir rassurer les Vingt-sept de la solidité des garanties formulées par les Britanniques ».
Au Royaume-Uni, les ministres et les députés adoptent des positions contradictoires sur la transition et le commerce. Leurs opinions divergent également sur le vote de l’accord final du Brexit par le Parlement britannique et sur le moment auquel organiser ce vote.
Ainsi, Madame May a été contrainte de revenir sur les propos tenus cette semaine par son ministre en charge du Brexit, David Davis, qui a affirmé que le Parlement britannique ne pourrait voter sur l’accord de divorce qu’après la sortie du pays de l’UE, en mars 2019. Elle s’est déclarée « confiante » quant à la conclusion d’un accord en temps voulu pour procéder à un vote.
Elle a ajouté qu’un accord de transition ne serait envisageable qu’après avoir trouvé un accord sur le commerce, ce qui, selon l’UE, prendra des années.
Ces contradictions ont poussé le Premier ministre écossais, Madame Nicola Sturgeon, à demander à Madame May de clarifier ses intentions pour la transition. Elle a par ailleurs déclaré au Financial Times craindre que les entreprises ne commencent à mettre prochainement en œuvre des plans d’urgence qui pourraient porter préjudice à l’économie écossaise.
Des analystes politiques d’Eurasia Group estiment désormais à 35% les chances de voir Madame May écartée du pouvoir, même si elle parvient à conclure un accord pour entamer les négociations sur la transition et le commerce lors du sommet de décembre. Ils évaluent également le risque d’échec des négociations sur le Brexit à 10%.
Alors que M. De Rynck a reconnu cette semaine que l’UE ne voulait pas que le Royaume-Uni quitte le bloc sans accord, il a toutefois reconnu que les responsables « se préparaient » à cette éventualité. (Version originale anglaise par Sarah Collins)