La Commission européenne s’est dite satisfaite, mercredi 6 septembre, en publiant une série de rapports périodiques des efforts entrepris par les États membres pour accueillir les demandeurs d’asile présents en Italie et en Grèce ainsi que de leurs efforts pour gérer les frontières extérieures de l’UE.
Confortée par un arrêt de la Cour de justice de l’UE concernant les décisions de relocalisation prises en septembre 2015 (voir nouvelle séparée), la Commission, par la voix de son commissaire en charge des Migrations, Dimitris Avramopoulos, a néanmoins appelé ces mêmes pays à poursuivre leurs efforts pour finaliser le programme de relocalisation, mais aussi renforcer l’Agence de gardes-côtes et gardes-frontières.
Sur la relocalisation des demandeurs d’asile, à ce jour, 27 695 personnes ont été relocalisées dont 19 244 depuis la Grèce et 8 451 depuis l’Italie.
Le système de relocalisation prendra fin le 26 septembre prochain et il reste actuellement 2 800 personnes éligibles à la relocalisation en Grèce. En Italie, il reste près de 7 000 personnes et seulement 4 000 ont été enregistrées, a dit le commissaire, qui a rappelé que les États membres ne devaient pas arrêter leurs efforts pour relocaliser ces personnes après le 26 septembre.
Plusieurs États membres (Malte et la Lettonie) ont déjà relocalisé le nombre total de personnes qui leur avait été attribué pour la Grèce, tandis que d'autres (la Finlande, la Lituanie, le Luxembourg et la Suède) sont en passe d'y arriver, écrit la Commission. Malte et la Finlande ont également presque relocalisé le nombre total de personnes qui leur avait été attribué pour l'Italie.
« La Commission se félicite aussi que l'Autriche ait commencé à relocaliser des demandeurs depuis l'Italie et que les premières relocalisations de l'Italie vers la Slovaquie soient en cours de préparation ». La République tchèque, la Hongrie et la Pologne continuent de manquer à leurs obligations juridiques et n'ont relocalisé personne, en ce qui concerne la Hongrie et la Pologne, ou pas offert de places de relocalisation depuis plus d'un an, pour le cas de la République tchèque.
La Commission a, à ce titre, adressé un avis motivé à ces trois pays le 26 juillet (EUROPE 11837) et le commissaire européen s’est dit prêt à aller jusqu’au bout, c’est-à-dire à saisir la Cour de justice, si aucun de ces pays n’accepte à la fois ses obligations et l’arrêt que la Cour a rendu ce 6 septembre (voir autre nouvelle).
Un autre motif de satisfaction tient aux efforts réalisés dans le cadre des programmes de réinstallation, a dit le commissaire, avec 17 305 personnes accueillies dans l’UE sur les 22 504 personnes convenues en juillet 2015. Dans le cadre de la déclaration UE-Turquie de mars 2016, 8 834 Syriens ont été, jusqu'à présent, réinstallés dans l'UE depuis la Turquie, chiffre qui comprend les 1 028 nouveaux transferts effectués depuis le dernier rapport, souligne la Commission.
Au total, 22 518 personnes ont été réinstallées dans le cadre des deux programmes de réinstallation à l'échelle de l'UE depuis leur lancement.
Un accord UE/Turquie qui fonctionne
La Commission a également à nouveau défendu l’accord UE/Turquie, qui continue de fonctionner malgré les tensions croissantes entre l’UE et Ankara. Depuis son entrée en vigueur, en mars 2016, les flux ont diminué de près de 97%, a rappelé le commissaire et, s’il y a eu des arrivées en légère hausse ces dernières semaines, elles restent dans la norme saisonnière et sont même en deçà des arrivées de septembre 2016.
La Commission insiste toutefois pour améliorer les taux de retours vers la Turquie des migrants irréguliers ne pouvant prétendre à l’asile. Au total, 1 896 migrants en situation irrégulière ont été renvoyés en Turquie depuis la date d'entrée en application de la déclaration UE-Turquie.
La Commission observe toutefois un domaine dans lequel les États membres pourraient beaucoup mieux faire : leur participation à l’Agence de gardes-côtes et gardes-frontières européens. 1 700 agents du corps européen de gardes-frontières et de gardes-côtes sont actuellement déployés sur le terrain pour soutenir les États membres, dit la Commission. Mais « des lacunes persistent en matière de déploiement et les réserves de réaction rapide n'ont bénéficié d'aucun nouvel apport d'équipements depuis avril 2017. Les États membres doivent de toute urgence honorer leurs engagements et combler ces dernières lacunes afin d'assurer une gestion efficace des frontières extérieures de l'UE ». (Solenn Paulic)