La Commission européenne a réitéré, vendredi 1er septembre, qu'elle soutenait les mesures de gestion des frontières aux frontières extérieures de l'Union européenne, par exemple des mesures de surveillance et d'équipements, mais qu'elle n’avait jamais financé la construction de clôtures permettant d’empêcher l’arrivée de migrants.
« Et cela ne changera pas », a insisté Alexander Winterstein, porte-parole de l'institution, devant la presse.
L'institution européenne répondait à l’annonce, faite la veille par la Hongrie, selon laquelle Budapest souhaite demander à l’Union de lui rembourser la moitié des coûts inhérents à la mise en place de la clôture de barbelés érigée à l’été 2015 par le gouvernement de Vikor Orbán sur les 175 kilomètres de la frontière hungaro-serbe (sud) puis sur la majeure partie de la frontière hungaro-croate (sud).
Le gouvernement hongrois a réclamé la moitié des 800 millions d'euros qu’elle dit avoir dépensé pour ériger à ses frontières cette clôture sécurisée. Selon le directeur de cabinet du Premier ministre hongrois, Janos Lazar, cité par l’AFP, la protection des frontières est une question de « solidarité européenne » dont l'UE doit faire « la démonstration concrète ». « 'Bruxelles' devrait payer sa part », comme l'UE l'a fait avec l'Italie, la Grèce et la Bulgarie, pays d'entrée des migrants en Europe, a-t-il souligné.
Viktor Orbán a fait part de sa demande de remboursement s'agissant de ces « coûts exceptionnels » dans une lettre au président de la Commission Jean-Claude Juncker. « Nous prenons note que la Hongrie reconnaît maintenant que la solidarité est un principe important pour l'Union européenne et valorise le soutien que l'Union peut fournir pour protéger les intérêts communs », a ironisé la Commission alors que la Hongrie et la Slovaquie ont contesté devant la Cour de justice de l’UE les décisions de relocalisation des demandeurs d’asile prises par le Conseil en 2015 (EUROPE 11837).
L’arrêt sur cette affaire controversée est d’ailleurs attendu le 6 septembre, alors que le programme de relocalisation s'achève fin septembre.
« Nous sommes pleinement engagés à soutenir tous les États membres afin de protéger les frontières extérieures de l'Union et de gérer les migrations », a ajouté la Commission. Celle-ci fournit déjà, via les agences spécialisées de l’UE, un soutien pratique et financier pour la gestion des frontières extérieures et des migrations. Elle a en effet mobilisé un financement de 93,4 millions d'euros pour la période 2014-2020 ainsi que 6,7 millions d'euros de fonds d'urgence.
L'Agence européenne des frontières et des gardes côtières a déployé une opération à la frontière hongroise avec la Serbie avec 18 officiers actuellement déployés pour aider à la surveillance des frontières. Le niveau de ce soutien opérationnel est convenu avec les autorités hongroises.
« Si la Hongrie demande maintenant un soutien supplémentaire, la Commission est prête à examiner rapidement une telle demande et à fournir l'assistance appropriée, si la situation l’exige », a expliqué l’institution. « Nous ne devons pas oublier que la solidarité est une voie à double sens. Tous les États membres devraient être prêts à contribuer. Et ce n'est pas un déjeuner à la carte qui peut être choisi pour la gestion des frontières, et rejeté lorsqu'il s'agit de se conformer aux décisions de relocalisation qui ont été convenues conjointement », a-t-elle néanmoins rappelé. (Solenn Paulic)