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Bulletin Quotidien Europe N° 11848
INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

L’UE craint que Londres utilise la question irlandaise comme levier de négociation

L’Union européenne s’inquiète du lien que semblent faire les Britanniques entre le maintien du processus de paix en Irlande du Nord après le Brexit et la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l'Union post-Brexit.

« Il est important que le processus de paix ne devienne pas un objet de marchandage dans la négociation », a déclaré, vendredi 25 août, une source européenne.

L’Union s'en tient à la ligne qu'elle a tracée concernant le processus de négociation du retrait britannique : régler d’abord les aspects liés au divorce (statut des citoyens, solde budgétaire et frontière entre les deux Irlande) avant d'aborder les questions liées aux relations futures.

Si certains chiffres non officiels qui ont circulé sur une 'ardoise britannique' ont poussé la classe politique britannique à rejeter en bloc le paiement de cette facture, la position de Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères, a semblé s’assouplir vendredi. Dans une interview à la BBC, il a expliqué en substance que le Royaume-Uni était une nation qui respecte ses engagements, notamment financiers. « Mais nous ne paierons pas un penny de plus ou de moins que ce que nous pensons que nos obligations juridiques doivent être », a-t-il ajouté.

Une analyse juridique britannique orale doit être présentée aux négociateurs de l’UE, la semaine du 28 août pendant le troisième cycle de négociation (voir autre nouvelle). L’UE reconnait qu’il n’y a pas de discussion autour de chiffres à ce stade mais qu’il faudrait au moins s’entendre sur une méthodologie pour calculer les obligations financières britanniques.

Interrogée sur la possibilité que les Britanniques retardent volontairement la discussion sur les aspects financiers comme stratégie de négociation, une seconde source européenne a estimé qu'une telle stratégie n'était « pas dans leurs intérêts ».

Scinder la négociation en deux phases (le retrait puis la future relation) est un choix européen pour trois raisons. D’abord la décision britannique de quitter l’UE a créé énormément d’incertitudes, donc il faut rendre de la sécurité aux citoyens, aux bénéficiaires de fonds européens et aux deux Irlande. Ensuite, pour construire une relation constructive dans le futur, il faut le faire sur la base de la confiance, selon cette source européenne. Enfin, si on laisse les questions difficiles pour la fin de la négociation, cela « augmente le risque d’échec », a conclu cette source.

L’UE était, par ailleurs, incapable de dire quand exactement commencerait ce troisième cycle, le lundi 28 août étant férié dans une grande partie du Royaume-Uni. Selon toute vraisemblance, le coup d'envoi devrait tout de même être donné lundi. L'UE ne craint pas, en soi, les retards. « Jusqu’ici, si on n’a pas avancé, c’est surtout à cause d’un manque de substance », a ironisé cette source.

À noter que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, recevra l'ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, la même semaine. (Élodie Lamer)

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