L'UE et le Mexique sont convenus, lors d'une visite de la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, à Mexico, lundi 8 mai, d'accélérer encore les négociations pour moderniser l'accord global UE/Mexique, en vigueur depuis 2000, convenant de la tenue de réunions au plan technique tous les mois au second semestre avec l'objectif de dégager un accord de principe d'ici fin 2017.
« Les deux parties sont engagées à conclure ces négociations avant la fin de l'année. C'est un objectif ambitieux, mais réalisable. Nous voulons envoyer un signal clair au monde sur l'importance de renforcer les règles qui régissent le commerce international », a déclaré Mme Malmström devant la presse après une réunion avec le ministre mexicain de l'Économie, Ildefonso Guajardo.
« Nous sommes aussi convenus d'accélérer encore le rythme des négociations, en augmentant la fréquence des réunions de nos négociateurs », a-t-elle ajouté.
Après le quatrième round des pourparlers du 26 au 30 juin au Mexique, les négociateurs de la Commission et de l'administration mexicaine se retrouveront « tous les mois ».
L'UE et le Mexique ont décidé, en 2015, de revoir les contours de leur accord global pour y intégrer de nouveaux sujets (la protection de l'environnement, des droits du travail, de la propriété intellectuelle et des investissements).
Lancés en mai 2016, les pourparlers ont progressé après trois rounds de négociations (le dernier en date, du 3 au 7 avril à Bruxelles), et les deux parties ont confirmé leur souhait de boucler un accord de principe d'ici fin 2017 (EUROPE 11764).
Les menaces protectionnistes du président américain, Donald Trump, à l'encontre du Mexique (l'instauration d'une taxe sur les importations et la sortie des États-Unis de l'accord de libre-échange nord-américain, l'ALENA) ont contribué à accélérer ces pourparlers.
« Aujourd'hui plus que jamais, la stratégie de diversification se transforme en une obligation. Il devient important d'envoyer un message clair que nous n'allons pas rester paralysés devant le défi qui nous attend avec la renégociation, avec Washington, de l'ALENA », a prévenu M. Guajardo.
« Nous voulons faire du commerce, nous donnons ce signal que nous sommes prêts et nous voulons construire des ponts, pas des murs », a renchéri Mme Malmström.
Mais le chemin vers un accord global 2.0 entre l'UE et le Mexique est encore long, compte tenu des nombreux intérêts offensifs européens en matière agricole et de marchés publics.
L'UE veut aussi inclure dans l'accord des dispositions fortes en matière de développement durable et un mécanisme de règlement des litiges en matière d'investissement sur la base du nouveau système de Cour pour l'investissement (ICS) prévu dans l'accord de libre-échange avec le Canada.
Enfin, elle veut inclure des dispositions 'anticorruption' dans le cadre plus large de l'accord global et de ses dispositions en matière de coordination politique et de coopération.
L'UE a enregistré un excédent de 14,1 milliards € pour ses échanges de marchandises avec le Mexique (33,9 milliards € d'exportations, 19,8 milliards € d'importations) et de 4,4 milliards € pour les échanges de services. En 2015, son stock d'investissements directs étrangers au Mexique a atteint 161,6 milliards € et celui du Mexique dans l'UE a atteint 35,4 milliards €. (Emmanuel Hagry)