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Bulletin Quotidien Europe N° 11783
Sommaire Publication complète Par article 18 / 18
BIBLIOTHÈQUE EUROPÉENNE / Bibliothèque européenne

N° 1181

*** DANIEL LACHMANN : Environmental Problems Globally. From Perception to Reaction. Peter Lang (42-50 Eschborner Landstraße, D-60489 Francfort. Tél. : (49-69) 780700 – fax : 78070550 – Courriel : frankfurt@peterlang.com – Internet : http://www.peterlang.com ). 2016, 256 p., 42 €, 34 £, 54,95 $. ISBN 978-3-631-67347-8.

Comment faire pour que, pour eux-mêmes et pour les générations futures, les citoyens participent mieux à la protection de l’environnement, non pas parce que les législations les y contraignent mais « en tant qu’acteurs socio-économiques, politiques et juridiques proactifs » ? Telle est la question générale qui sert de fil conducteur à cette étude par laquelle un sociologue allemand a voulu mettre en lumière les embuches et autres chausse-trapes qui pavent la route conduisant de la perception des menaces environnementales à la réaction face à elles.

Se voulant résolument pratique, Daniel Lachmann commence par expliquer ce que la pollution et les dégradations causées à l’environnement impliquent et par cerner les attitudes possibles des citoyens face à la complexité des problèmes environnementaux. Inscrivant son travail dans la perspective constructiviste, il avance ensuite des explications théoriques quant aux raisons pour lesquelles la construction sociale autour de la question ‘environnement’ peut être perçue et pensée de manière très différente par les personnes. Il se fonde ensuite sur la perspective du choix rationnel pour expliquer comment la subjectivité construit la réalité et modèle le comportement de l’individu en tant que consommateur, parent, employé ou employeur, etc. De là découle une batterie de questions : comment nos perceptions, positions sociales et visions du monde nous amènent-elles à poser un choix entre de multiples formes d’actions potentielles ? ; sommes-nous conduits par des valeurs, des croyances ou des convictions ? ; ne serait-ce pas plutôt les finalités instrumentales que nous poursuivons ? ; à moins qu’il ne s’agisse d’une combinaison des deux ou leur interaction ? ; concentrons-nous notre attention sur certaines activités alors que d’autres restent ignorées, sans que soit tenu compte de l’impact environnemental réel ? ; pour exprimer notre préoccupation environnementale, nous-lançons-nous dans des activités qui nous coûtent beaucoup, moyennement ou peu ? ; d’ailleurs, sommes-nous seulement actifs ?

C’est à apporter à ces questions des réponses d’une très haute précision scientifique qu’est consacré le corps de l’ouvrage, l’étude se déployant à un double niveau : a) une comparaison transnationale au niveau macro montre qu’il existe effectivement des différences concernant la perception de l’environnement, ainsi que le niveau de préoccupation environnementale et d’action entre les pays ; b) une microanalyse détaillée de six pays sélectionnés – Allemagne, Espagne et République tchèque, mais également Norvège, Etats-Unis et Nouvelle-Zélande – permet de jauger la pertinence des hypothèses théoriques retenues par l’auteur pour cerner l’environnementalisme dans chacun d’eux. Ce qui permet au final à l’auteur de brosser un tableau des similarités et différences tout en nuances, ce travail étant aussi un éloge à la complexité. Pierre Bouvier

*** CHARALAMBOS PLATIAS : La politique environnementale de l'UE et le développement durable. Les questions de gouvernance politique. Editions Sideris (116 rue Solonos, GR-10681 Athènes. Tél. : (30-210) 3833434 – fax : 3832294 – Courriel : contact@isideris.gr). 2016, 424 p., 17 €. ISBN 978-960-08-0735-6.

La politique environnementale de l'Union européenne et le développement durable sont des instruments et des objectifs louables, intéressants et « charmants ». Encore faut-il se donner les moyens d’arriver à ses fins, en termes de gouvernance comme de méthodes à appliquer. Dans cet ouvrage, un politologue associé au Centre européen de recherche et de formation environnementale de l'Université Panteion d’Athènes montre quelles pourraient être les pistes pour aller vers le développement durable et la transformation de l'économie et de la société en Europe et dans le monde, mais aussi pour construire un système capable de fournir un contexte favorable à cette évolution. Il explique que les dimensions interne et externe de la politique et de la gouvernance forment un système complexe, elles qui interagissent et se complètent mutuellement en poursuivant des objectifs différents mais convergents où tous les niveaux d’ambition ont leur place. Par ce livre, Charalambos Platias a voulu notamment mettre en évidence les questions et les aspects qui, selon lui, constituent des domaines clés engageant la responsabilité des scientifiques en vue de bâtir un monde pour demain qui soit compréhensible. (AKa)

*** EMANOUELA DOUSSI : Le changement climatique. Editions Patakis (38 Panayi Tsaldari, GR-10437 Athènes. Tél. : (30-210) 3650000 – fax : 3811940 – Courriel : bookstore@patakis.gr – Internet : http://www.patakis.gr ). Collection « Sciences sociales et politiques ». 2017, 112 p., 10,99 €. ISBN 978-960-569-626-9.

La température de la Terre augmente-t-elle et, si oui, de combien ? Les émissions des émissions de gaz à effet de serre augmentent-elles ? La coopération internationale en la matière est-elle suffisante et efficace ? Qu’est-ce qui a changé entre le protocole de Kyoto et l’Accord de Paris ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles la Pr. Emanouela Doussi (Université d'Athènes) apporte des réponses dans ce livre de parfaite actualité puisque le changement climatique est l'un des problèmes les plus difficiles et les plus complexes auxquels le monde est aujourd’hui confronté. Cette menace planétaire est directement liée aux zones critiques de l'économie, à nos modes de vie et à l'organisation de nos sociétés. Elle implique dès lors les domaines de l'énergie et de l'alimentation, mais aussi le droit, les décisions d'affaires, la technologie, le transport, la production agricole et l'élevage, le choix de carburant et bien d’autres choses encore. Dans ce contexte, l’accord international conclu à Paris peut-il être le coup d’envoi d’une marche vers une économie pauvre en carbone ? Les objectifs retenus sont-ils appropriés, notamment pour un pays comme la Grèce ? D’autres options sont-elles disponibles ? Quel serait aussi le coût de l'inaction face au problème ? Enfin, quels sont les défis à relever par la communauté internationale en termes de gouvernance du changement climatique ? L’auteur apporte des réponses éclairantes à chacune de ces questions, et à bien d’autres encore. (AKa) 

*** L'Europe en formation. Revue d'études sur la construction européenne et le fédéralisme – Journal of Studies on European Integration and Federalism. Centre international de formation européenne (« L’Adriatic », 81 rue de France, F-06000 Nice. Tél. : (33-4) 93979397 – fax : 93979398 – Courriel : europe.formation@cife.eu – Internet : http://www.cife.eu ). 2016, n° 380, 126 p., 20 €. Abonnement : 50 €.

Ce numéro de la revue fondée par Alexandre Marc, chantre du fédéraliste intégral, contient un dossier consacré aux politiques climatiques après la COP21. Son coordinateur, Laurent Baechler, observe que cet accord conclu en décembre 2015 à Paris et entré en vigueur le 4 novembre dernier a constitué un « succès diplomatique significatif » en ce qu’il affiche des objectifs chiffrés plus ambitieux que le protocole de Kyoto. Comptant 195 parties prenantes, il est en outre de portée planétaire. Par contre, il se révèle moins contraignant que son prédécesseur en ce qu’il repose fondamentalement sur des efforts volontaires des pays signataires. Par conséquent, il risque de décevoir si n’est pas enclenchée une dynamique de coopération entre des pays ayant auparavant adopté des positions très différentes et des stratégies fort divergentes dans le domaine de la lutte contre le changement climatique. D’où l’intérêt de ce dossier qui propose un panorama représentatif de ces stratégies en prenant le pouls d’un certain nombre de pays riches ou émergents qui se révéleront décisifs pour le succès de l’Accord de Paris, à savoir les Etats-Unis, la Turquie, la Russie, la Chine et le Mexique. De manière peu surprenante mais très significative, ces regards rappellent donc, observe le rédacteur en chef de la revue, « à quel point la lutte contre le changement climatique dépend très étroitement des logiques et pesanteurs nationales en matière de décarbonisation des économies ». A noter aussi que ce numéro s’ouvre sur un hommage rendu par Claude Nigoul à Jean-Pierre Gouzy. Très récemment décédé, ce témoin des débuts de la construction européenne a toute sa vie durant concilié sa vie de journaliste et son attachement à la cause fédéraliste, ce dont témoigne encore, dans ce numéro, sa... 380ème et dernière chronique sur « la vie politique en Europe et dans le monde ». (MT)

*** ARNAUD BUCHS : La pénurie en eau est-elle inéluctable ? Une approche institutionnalisée de l’évolution du mode d’usage de l’eau en Espagne et au Maroc. Presses Interuniversitaires Européennes / Peter Lang (41 av. Maurice, B-1050 Bruxelles. Tél. : (41-32) 3761717 – fax : 3761727 – Courriel : brussels@peterlang.com et order@peterlang.com – Internet : http://www.peterlang.com ). Collection « Ecopolis », n° 25. 2016, 331 p., 48 €, 38 £, 62,95 $. ISBN 978-2-87574-319-0.

Dans cet ouvrage qui prolonge une thèse de doctorat soutenue à l’Université de Grenoble, Arnaud Buchs dément que sécheresse, aridité et pénurie en eau puissent être considérés comme des synonymes en focalisant son analyse sur la notion de pénurie en eau et en opposant aux travaux centrés sur la rareté physique des ressources en eau une approche qui place les usages de celle-ci au cœur de l’explication. Aujourd’hui maître de conférences en économie à l’Université Toulouse Jean Jaurès, il y examine scientifiquement les principaux indicateurs de pénurie (notamment celui de « stress hydrique ») avant d’expliquer que la pénurie est un phénomène à la dimension anthropique prononcée, étant en grande partie socialement construit, ainsi que géographiquement et historiquement situé. Par le biais d’une approche en économie institutionnaliste, historique et pragmatique rappelant les justifications à l’origine des règles d’usage de l’eau, il propose des éléments de compréhension de l’avènement d’une pénurie en eau en Espagne et au Maroc, avant de discuter les solutions proposées pour tenter d’y faire face, solutions qui participeraient de l’émergence d’un nouveau mode d’usage de l’eau. (PBo)

*** IOANNIS VASSILIOU : L’Union européenne et l'énergie. La route vers 2050 : pensées, idées, conclusions. Historical Quest (66 rue Chrisidos, GR-13122 Ilion. Tél. : (30-210) 2611832 fax : 2611832 – Courriel : info@historical-quest.com – Internet : http://www.historical-quest.com ). 2017, 112 p., 10 €. ISBN 978-618-5088-26-2.

L'efficacité et les coûts énergétiques, les problèmes d'approvisionnement, la lutte contre le changement climatique et l'utilisation optimale des sources d'énergie renouvelables sont les principaux éléments retenus par l’Union européenne pour se doter d’une politique rationnelle de l'énergie ; ils sont le point de départ pour la formulation d'objectifs spécifiques visant à parvenir à un système énergétique plus sûr et compétitif. Docteur en économie politique internationale et engagé dans la recherche universitaire au Royaume-Uni et en Grèce sur les questions concernant l'Union européenne et la situation politique et économique internationale, Ioannis Vassiliou examine de manière détaillée et critique, dans ce livre, l'ensemble du mécanisme de la politique énergétique de l'Union et le rôle joué par ses institutions et organes divers. Sont également examines les comités et les organismes qui sont concernés en Union A partir de son évaluation de la situation actuelle, il envisage ce que pourrait être la stratégie future à l’horizon 2050. Un regard qui débouche sur des conclusions qui embrassent à la fois le présent et l'avenir, mais aussi à la fois les questions énergétiques particulièrement névralgiques, la crise économique en cours et les réalités sociales propres à notre époque. (AKa) 

*** Futuribles. L’anticipation au service de l’action. Futuribles Sarl (47 rue de Babylone, F-75007 Paris. Tél. : (33-1) 53633770 – fax : 42226554 – Courriel : revue@futuribles.com – Internet : http://www.futuribles.com ). Janvier-février 2017, n° 416, 128 p., 22 €. Abonnement annuel : 115 €. ISBN 978-2-84387-429-1.

A côté des relations (moins incongrues qu’il n’y paraît à premier vue) entre la science et la science-fiction et, d’autre part, les enseignements qui peuvent encore être tirés pour notre avenir de l’Utopie de Thomas More cinq-cents ans après sa publication, ce numéro de la revue prospective créée et dirigée par Hugues de Jouvenel consacre une attention particulière aux perspectives énergétiques, par essence aléatoires. Concernant « le prix de l’énergie demain », Jean-Marie Chevalier, professeur émérite à l’Université Paris-Dauphine, met en exergue les nombreux éléments d’incertitude qui dominent en la matière. Après avoir dressé un panorama des évolutions possibles des prix du pétrole, du gaz naturel et du charbon, il s’emploie surtout à montrer la pluralité des facteurs et des acteurs, Etats comme entreprises, impliqués dans l’évolution des prix de l’énergie et des systèmes énergétiques, cherchant à distinguer les éléments clefs qui joueront un rôle moteur ou frein dans l’évolution à moyen-long terme du secteur. L’imprévisibilité qui y prévaut est confirmée par Rodolphe Greggio et Benoît Mafféï, leur évaluation critique des prévisions faites dans le passé montrant pourtant, ainsi que le relève le rédacteur en chef, qu’elles n’ont pas été « si erronées que l’on aurait pu le craindre ». En tout cas, font-ils comprendre, si le contexte actuel laisse bien évidemment à penser que l’heure est à une transition progressive des énergies carbonées vers les énergies renouvelables, il serait téméraire de tenter de prévoir de manière précise à quel horizon, dans quelles proportions et selon quelle ampleur géographique cette mutation se produira. Par ailleurs, la traditionnelle « Tribune européenne » de Jean-François Drevet est consacrée à un sujet d’importance majeure, à savoir au « casse-tête de la fiscalité en Europe » à la lumière, entre autres, du cas emblématique d’Apple en République d’Irlande. « On pourrait en conclure que l’impôt sur les sociétés est une affaire trop sérieuse pour rester du ressort des gouvernements nationaux », juge cet ancien fonctionnaire de la Commission en observant, mais sans se faire trop d’illusions, que seule celle-ci « a le poids nécessaire pour tenir tête aux multinationales et défendre l’intérêt général européen, non seulement celui du consommateur, mais aussi du contribuable et du citoyen ». (MT)

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