La Banque centrale européenne estime que sa politique monétaire est appropriée et qu’une réévaluation n’est pas justifiée à ce stade, a déclaré, lundi 10 avril, Vitor Constancio, le vice-président de l’institution de Francfort. M. Constancio était venu présenter le rapport annuel de la BCE devant les députés européens de la commission des affaires économiques et monétaires.
« Nous continuons à nous tenir prêts à réagir » à de potentiels chocs, a ajouté le vice-président de la BCE. Il a estimé que, bien que les conditions cycliques se soient améliorées, il reste toujours à aborder, sans délai, l’héritage de la crise et renforcer les fondements structurels de l’Union économique et monétaire (UEM). Interrogé sur l’idée d’un budget de la zone euro, il s’est contenté d’indiquer qu’il s’agissait d’une des pistes du rapport des cinq présidents sur l’avenir de l’UEM. Il n’a par ailleurs pas donné son avis sur la possibilité d’un Fonds monétaire européen, comme possible émancipation du Mécanisme européen de stabilité, se contentant de répondre que l’idée n’était pas reprise dans le document des cinq présidents.
Une des idées qui circulent autour de ce Fonds monétaire européen serait de lui octroyer les pouvoirs de surveillance budgétaire aujourd’hui dans le giron de la Commission européenne. Vitor Constancio a par ailleurs estimé que la mise en œuvre des recommandations économiques de la Commission était « décevante ».
À la veille du jour qui aurait été celui du 97ème anniversaire d’un ancien président du PE, Emilio Colombo, Vitor Constancio a cité ses mots qui « ont une résonnance particulière maintenant qu’un État membre a notifié son intention de quitter l’UE ». « Nous n’avons aucune raison pour la complaisance quant au présent état de l’Europe malgré les efforts que nous avons faits. En tant qu’Européens, nous pouvons avoir un réel impact quand nous parvenons à trouver les bonnes solutions communes aux problèmes de notre temps ». (Élodie Lamer)