Les résultats définitifs publiés vendredi 7 avril montrent que 48 288 agriculteurs de l’UE ont réduit de 860 907 tonnes au total leur production de lait à la faveur du programme mis en place par l’UE, doté d’un budget de 150 millions d’euros (EUROPE 11747).
Ce programme est l'une des mesures phares mises en place par la Commission pour faire face à la crise du secteur du lait (EUROPE 11610). La part non utilisée des 150 millions € sera mise à disposition du budget agricole européen et employée pour les mesures de marché qui se révèleraient nécessaires.
La Commission a actualisé les données grâce aux chiffres définitifs reçus par les États membres sur la deuxième période de réduction (novembre 2016 à janvier 2017).
Au total, la Commission a mobilisé plus d'un milliard d'euros depuis septembre 2015 sous forme de mesures de marché (intervention publique et stockage privé) pour les produits laitiers et d'enveloppes financières pour les États membres.
C’est la première fois que l’UE met en place un régime volontaire de réduction de la production de lait. Ce programme est un réel succès, selon la Commission. Les prix moyens du lait à la ferme au sein de l’UE ont augmenté de 31% depuis l'été dernier, jusqu'à 33,7 cents/kg en février 2017.
Prudence sur l'avenir. Dans son rapport récent après sa réunion du 28 mars, l’Observatoire européen du marché du lait se montre prudent sur l’avenir. « L’équilibre du marché mondial semble incertain avec la reprise de la production aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande et une progression de la demande plutôt modeste », conclut-il. Les prix des produits laitiers de l’UE sont généralement en baisse depuis le début de l’année, mais ils se situent à des niveaux bien supérieurs à ce qu’ils étaient il y a un an (+ 76 % pour la poudre de lactosérum, + 57 % pour le beurre, + 41 % pour la poudre de lait entier, + 11 % pour la poudre de lait écrémé et + 30 à 40 % pour les fromages).
La réduction de la collecte de lait s’est poursuivie en janvier (-2,4 %) et les chiffres provisoires pour février confirment la tendance, avec de fortes diminutions dans les principaux États membres producteurs. Pour la suite de 2017, « compte tenu de la situation du troupeau et des autres facteurs du marché, une augmentation de 0,6 % de la collecte de lait de l’UE peut être attendue, la majeure partie de la hausse étant attendue au second semestre ».
Mécanisme permanent de gestion des crises. L’European Milk Board (EMB) a salué le 30 mars l’efficacité du programme de réduction volontaire des volumes de lait. Toutefois, elle note que « si les prix se sont améliorés, la reprise pourrait être de courte durée, si un mécanisme de crise global n’est pas mis en place ». L’organisation demande que la renonciation volontaire devienne un instrument régulier et joue un rôle essentiel dans le secteur, tout comme le plafonnement des volumes. Via Campesina est plus pessismiste. Elle constate que « deux ans après la fin du régime des quotas laitiers le 31 mars 2015, aucune lueur d’espoir ne pointe à l’horizon ». Cette organisation demande la création d’un instrument public de régulation de la production pour limiter le développement des grandes fermes et freiner la destruction du modèle de production européen. (Lionel Changeur)