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Bulletin Quotidien Europe N° 11764
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / GrÈce

L'Eurogroupe franchit un premier obstacle lié au paquet de réformes

Les ministres des Finances de la zone euro ont arrêté, vendredi 7 avril à La Valette, les grandes lignes d'un paquet de réformes et de mesures expansionnistes équivalentes à 2% du PIB grec et qu'Athènes appliquera en 2019 et 2020.

Mais, le chemin menant à la finalisation, avant l'été, de la 2ème mission de suivi du 3ème plan de sauvetage grec comporte encore des obstacles de taille parmi lesquels la fixation de l'excédent budgétaire (hors service de la dette) grec à respecter après 2018 et la détermination de mesures d'allègement de la dette grecque applicables après 2018.

« Les principaux éléments (d'un paquet de mesures, NDLR) ont été ficelés », s'est félicité le président de l'Eurogroupe, Jeoren Dijsselbloem, à l'issue de la réunion des ministres des Finances de l'Eurozone.

Le ministre néerlandais a décrit de la manière suivante ce paquet de mesures à mettre en place « en parallèle » avant la fin du plan de sauvetage et à appliquer après 2018 : - des mesures de consolidation budgétaire (1) diminuant les montants des retraites à hauteur de 1% du PIB grec à partir de 2019 et (2) augmentant l'impôt sur le revenu des individus à hauteur de 1% du PIB à partir de 2020 ; - des mesures à caractère « expansionniste » qui exploiteront la marge supérieure à l'objectif budgétaire primaire requis pour 2018 (excédent budgétaire primaire de 3,5% du PIB) et dégagée par les mesures précédentes.

Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, a salué le « succès » de la stratégie définie en février par l'Eurogroupe et qui visait à négocier les questions les plus politiques avant celles qui s'avèrent moins controversées (EUROPE 11729).

Alors que les créanciers d'Athènes voient dans les mesures expansionnistes des mesures propices à la croissance, le ministre a listé des mesures sociales équivalentes à « 1% » du PIB que le gouvernement grec souhaite adopter d'ici aux élections législatives de 2019 : « réduction de la pauvreté infantile, aides aux dépenses médicales, au logement et à l'investissement ».

M. Tsakalotos a aussi affirmé que la restauration de l'application des conventions collectives, mises à mal depuis la mise sous tutelle budgétaire de la Grèce depuis 2010, serait effective à la fin du plan d'aide mi-2018. Sur ce dernier point, le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a indiqué à EUROPE que cette question restait « à confirmer ».

Un rendez-vous crucial aura lieu à la fin du plan de sauvetage lorsque les chiffres de l'excédent budgétaire pour 2018 seront affinés. Le déclenchement ('trigger') des mesures sera décidé en 2018, a confirmé M. Dijsselbloem. M. Moscovici a souligné « l'optimisme » de la Commission européenne quant à la capacité d'Athènes à atteindre un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 3,5% du PIB.

Si tel n'est pas le cas, les mesures de consolidation budgétaire actuellement en gestation serviront en partie à combler le différentiel. Si la cible est dépassée, l'ampleur des mesures sociales souhaitées par le gouvernement grec pourront aller jusqu'à 2% du PIB national, soit l'équivalent des mesures de consolidation budgétaire.

Aboutir rapidement pour lever les incertitudes

Le FMI a considéré que les négociations avaient suffisamment progressé pour envisager un accord au niveau technique sur le paquet de réformes lorsque les créanciers institutionnels seront de retour à Athènes. Mais, M. Dijsselbloem ne s'est pas avancé jusqu'à indiquer une date pour un tel retour.

À Malte, les 'institutions' et la Grèce ont toutes souligné l'importance de boucler dans les meilleurs délais la 2ème mission de suivi du plan d'aide afin de lever les incertitudes qui pèsent encore sur l'économie grecque.

Pour permettre le versement d'une nouvelle tranche d'aide, deux discussions devront encore être menées au sein de l'Eurogroupe sur des mesures permettant de garantir la viabilité de la dette publique grecque à moyen terme et sur « le côté face de la même pièce », selon les termes de M. Tsakalotos, à savoir la trajectoire budgétaire grecque après 2018.

Ce n'est qu'après la fixation de ces paramètres que le FMI sera en mesure de statuer sur sa participation financière au plan d'aide. Selon ce dernier, des discussions seront encore nécessaires avec les pays de la zone euro pour obtenir « des garanties suffisantes relatives à une stratégie crédible permettant de restaurer la viabilité de la dette grecque ».

Une fois finalisée la 2ème mission de suivi du 3ème plan d'aide grecque, la BCE devrait être en mesure de statuer sur l'entrée de la Grèce dans l'opération 'quantitative easing' de rachat massif de titres de dette surtout publics. (Mathieu Bion)

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