La commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, le ministre slovaque de l'Économie et président en exercice du Conseil de l'UE, Peter Žiga, le vice-président équatorien Jorge Glas et les ambassadeurs de Colombie, Rodrigo Rivera, et du Pérou, Cristina Ronquillo De Blödorn, ont signé, vendredi 11 novembre, le protocole d'adhésion de libre-échange multipartite UE/Colombie et Pérou. La mise en oeuvre provisoire de l'accord requiert désormais l'approbation du Parlement européen.
L'accord conclu entre l'UE et l'Équateur en juillet 2014 (EUROPE 11125) prévoit la suppression des droits de douane sur tous les produits industriels et de la pêche, et un accès au marché élargi pour les produits agricoles, ainsi que l'ouverture des marchés de services et des marchés public. Il prévoit aussi de s'attaquer aux obstacles techniques au commerce.
La mise en oeuvre intégrale de l'accord permettra des économies de droits de douane de 106 millions d'euros par an pour les exportateurs européens et de 248 millions d'euros pour les exportateurs équatoriens, assure la Commission européenne.
L'accord est asymétrique pour répondre aux besoins de développement de l'Équateur, en lui garantissant une libéralisation progressive sur 17 ans. Dès l'entrée en vigueur de l'accord, l'Équateur libéralisera seulement 60% de ses lignes tarifaires contre 95% pour l'UE.
L'accord offrira à l'Équateur un meilleur accès au marché de l'UE pour ses principales exportations (produits de la pêche, fleurs coupées, café, cacao, fruits et fruits à coque).
Les bananes bénéficieront aussi d'un taux préférentiel, mais un mécanisme de stabilisation est prévu pour que la Commission puisse examiner et envisager la suspension des préférences si un seuil annuel est atteint, à l'instar de ce qui est prévu dans les accords avec la Colombie et le Pérou et avec l'Amérique centrale.
Du côté européen, le secteur agricole bénéficiera d'un meilleur accès au marché pour ses produits et de la protection d'une centaine d'indications géographiques sur le marché équatorien. Des gains sont aussi attendus pour les secteurs des voitures et des machines.
L'accord prévoit aussi des engagements en matière de développement durable. L'application des conventions internationales sur les droits des travailleurs et la protection de l'environnement sera contrôlée en concertation systématique avec la société civile.
Enfin, l'accord vise à renforcer l'intégration régionale. La porte de l'accord multipartite reste ouverte au quatrième pays membre de la Communauté andine, la Bolivie.
« Cet accord marque un tournant dans les relations entre l'Équateur et l'UE, et il établit le cadre approprié pour stimuler les échanges et les investissements de part et d'autre », s'est félicitée Mme Malmström, soulignant que les gains de l'accord avec la Colombie et le Pérou étaient « déjà visibles » puisque, depuis son entrée en vigueur en 2013, plus de 500 entreprises colombiennes et 1 100 entreprises péruviennes, principalement des PME, ont exporté vers l'UE.
Les échanges bilatéraux de marchandises entre l'UE et l'Équateur ont représenté 4,6 milliards d'euros en 2015, dont 2 milliards d'euros d'exportations pour l'UE. (Emmanuel Hagry)