Le commissaire européen aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, a souhaité, mercredi 24 août, que la Turquie clarifie sa position concernant sa volonté d’adhérer à l’UE.
« Si vous souhaitez être membre (de l’UE), vous devez remplir les critères. Les règles ne sont pas négociables », a expliqué M. Hahn, dans une interview au journal autrichien Die Presse. « La Turquie devrait bientôt faire comprendre si elle peut et veut accepter ces conditions. Cette question ouverte met une pression sur les relations » entre la Turquie et l’UE, a-t-il ajouté.
Le commissaire, de nationalité autrichienne, a précisé qu’il était en faveur de la poursuite des négociations d’adhésion si cette volonté existait « de l’autre coté », reconnaissant qu’il y avait au sein de l’UE « plusieurs écoles de pensée ». Plusieurs hommes politiques, dont le chancelier autrichien Christian Kern, se sont prononcés en faveur d’un arrêt des négociations d’adhésion. M. Hahn a cependant une nouvelle fois insisté sur le fait que le rétablissement de la peine de mort signifierait « passer le Rubicon » et que l’UE devrait y répondre.
Le commissaire a aussi estimé que la situation actuelle en Turquie « n’était pas de nature à contribuer à notre besoin de stabilité ». Selon lui, l’ampleur et la vitesse des arrestations après le coup d’État ont « causé une irritation considérable dans de grandes parties de l'Europe ». M. Hahn a également rejeté les critiques turques selon lesquelles l’UE n’aurait pas assez condamné le coup d’État, rappelant que l’Union l'avait fait « immédiatement » et « dans des termes non équivoques » (EUROPE 11596).
Interrogé sur les menaces turques d’ouvrir ses frontières et de laisser les migrants passer en Europe, le commissaire a souligné que « le désarmement des mots et des émotions était nécessaire », notamment dans « les relations entre l’Autriche et la Turquie ». « Les voisins et partenaires ne doivent pas vous menacer », a-t-il ajouté. « Concernant la crise des migrants, je ne pense pas que la Turquie puisse ou veuille le faire sans le soutien financier de l'UE», a estimé M. Hahn. Le porte-parole de la Commission européenne, Alexander Winterstein a précisé, le 24 août, que l’UE avait déjà débloqué 2,239 milliards d’euros pour la Turquie en faveur des réfugiés. (Camille-Cerise Gessant)