Bruxelles, 06/01/2016 (Agence Europe) - Les Pays-Bas, la Slovaquie et Malte - le nouveau trio de Présidences du Conseil de l'UE - s'engagent à soutenir l'égalité des genres durant leur mandat. Au lendemain de sa prise de pouvoir, la nouvelle Présidence néerlandaise a publié, mardi 5 janvier, une déclaration commune qui avait été adoptée lors du Conseil Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs, le 7 décembre dernier.
La déclaration souligne que l'égalité des sexes est une condition nécessaire à la croissance, à la prospérité, au bien-être et à l'intégration. Elle recense une série d'actions (conférences, discussions, priorités, etc.) qui devront être mises en oeuvre d'ici juin 2017. Elle prône en outre une approche duale, à savoir l'intégration des questions de genre via l'intégration d'une perspective de genre dans tous les domaines politiques, et des mesures spécifiques. Le texte est cosigné par le ministre néerlandais des Affaires sociales et de l'Emploi, Lodewijk Asscher, la ministre maltaise du Dialogue social, des Consommateurs et des Libertés civiles, Helena Dalli, et le secrétaire d'État slovaque en charge du Travail, des Affaires sociales et de la Famille, Branislav Ondrus.
Pas de surprises sur les quotas de femmes. Comme on pouvait s'y attendre, le trio s'engage peu sur la question des quotas de femmes dans les conseils d'administration des grandes entreprises européennes, actuellement bloquée au Conseil, notamment par les Pays-Bas et la Slovaquie (EUROPE 11447). Le texte souligne « la nécessité de faciliter la réconciliation entre travail, famille et vie privée en vue de permettre aux femmes et aux hommes de participer au marché du travail ainsi qu'à toutes les autres sphères de la vie et à tous les niveaux de la société, y compris les postes de décision ». Mais il ne va pas beaucoup plus loin. Seule Malte s'engage explicitement à mener des discussions avec les États membres, la Commission et le Parlement en vue d'avancer sur la proposition de directive litigieuse. Pour rappel, ce texte suggère un quota de 40% de femmes pour les postes non exécutifs dans les conseils d'administration des grandes entreprises européennes. Il prévoit que les entreprises cotées en bourse instaurent des procédures de recrutement transparentes d'ici à 2020 pour garantir, à mérite égal, la prise en compte du sexe sous-représenté.
Priorités et conférences. Malgré les réticences de la Commission, le trio de Présidences plaide pour une nouvelle stratégie pour l'égalité des genres 2016-2020. Il réclame également une meilleure mise en oeuvre des directives existantes sur l'égalité de traitement. Il met en outre en exergue le problème de la féminisation de la pauvreté et des stéréotypes liés au genre et souligne le rôle de l'égalité des genres pour stimuler la compétitivité économique.
En ce qui concerne leurs engagements respectifs:
Les Pays-Bas organiseront une réunion du groupe de haut niveau sur la question du genre à Amsterdam les 21 et 22 janvier 2016. Ils proposeront également des conclusions du Conseil en réponse à l'initiative stratégique de la Commission sur l'égalité des genres et exploreront les possibilités d'une réponse politique liées aux LGBT(I), soit les personnes lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres (et intersexe).
La Slovaquie organisera une réunion du groupe de haut niveau sur l'inclusion du genre, les 7 et 8 septembre 2016 à Bratislava, ainsi qu'une conférence sur la réconciliation de la vie professionnelle, familiale et privée dans une société en pleine évolution, à une date encore indéterminée. Elle s'engage en outre à mener des discussions, le cas échéant, sur la future proposition législative visant à concilier la vie privée et la vie professionnelle des parents.
Malte, de son côté, s'engage à donner la priorité à la violence faite aux femmes. Elle organisera un événement pour le partage de bonnes pratiques et pour l'échange d'information sur les législations, politiques et les stratégies existantes, ainsi que sur les données statistiques et les études sur ce sujet. Elle poursuivra en outre le travail sur les quotas de femmes, les LGBTI et la nouvelle initiative de la Commission sur l'égalité post-2015. (Sophie Petitjean)