Bruxelles, 22/12/2015 (Agence Europe) - Un statut européen des travailleurs, une nouvelle directive sur le congé de paternité et des indicateurs sociaux obligatoires sont quelques-unes des propositions formulées par le groupe des socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen, dans son manifeste pour une Europe plus sociale qui a été adopté lors de la session plénière à Strasbourg, mercredi 16 décembre.
A l'heure où la le Royaume-Uni renégocie les termes de son appartenance à l'Union européenne, le groupe affirme que toute tentative visant à réduire l'Europe à sa seule dimension économique ou monétaire se soldera par une montée du populisme et de l'euroscepticisme. « Les divergences sociales entre et à l'intérieur des pays érodent la légitimité de l'intégration européenne et détruisent la confiance qui est nécessaire pour de meilleurs résultats dans le futur. Cela étant dit, il n'est pas acceptable que la Commission européenne n'adopte pas d'action décisive pour améliorer la situation et renforcer substantiellement la dimension sociale de l'UE », soulignent les eurodéputés S&D.
Le manifeste comprend des propositions pour renforcer la dimension sociale de l'union monétaire et économique (UEM), des mesures pour s'attaquer au chômage de longue durée et au chômage des jeunes, ainsi que des actions pour renforcer les droits des travailleurs.
En ce qui concerne l'UEM, le groupe réclame notamment la création d'un « Eurogroupe social » et l'adoption d'un acte législatif sur un « salaire égal pour un travail égal », quel que soit le type de contrat ou le statut du travailleur. Il demande aussi que le rapport conjoint sur l'emploi joue un rôle plus important dans le semestre européen, qu'il fonctionne comme un système d'alerte précoce pour les déséquilibres sociaux excessifs et qu'il soit élargi à d'autres indicateurs sociaux (en particulier sur le travail décent, la pauvreté infantile, les sans-abris, l'accès aux soins de santé et à l'éducation). Il ajoute que les indicateurs sociaux et économiques devraient être mis sur un pied d'égalité dans la procédure de déséquilibre macroéconomique.
En ce qui concerne le chômage, le groupe réclame une augmentation substantielle des financements pour la garantie européenne pour la jeunesse, ainsi qu'une directive contre les discriminations dans le processus de recrutement basées sur les périodes de chômage présentes ou passées, indépendamment de la durée pendant laquelle un individu est resté au chômage. Sur l'éducation et la pauvreté, le groupe réclame entre autres une directive établissant des critères de qualité et des conditions de travail minimales pour les stages et les apprentissages, y compris des salaires minimums, ainsi qu'une directive-cadre sur les services sociaux d'intérêt général (SSIG).
En ce qui concerne les droits des travailleurs enfin, le groupe S&D réclame une directive sur l'emploi atypique ainsi que la création d'un statut européen des travailleurs en vue de « protéger tous les travailleurs d'Europe, de sauvegarder leur dignité et de préserver l'unité européenne ». Il demande également une initiative législative pour réviser la directive sur le congé de maternité, avec une attention particulière sur les femmes enceintes qui travaillent, une nouvelle directive sur le congé de paternité, la révision de la directive sur le congé parental ainsi qu'une initiative législative sur la pause carrière. Le manifeste « Pour une politique sociale et progressiste européenne, refocalisée sur les gens » est accessible à l'adresse suivante: http://www.socialistsanddemocrats.eu/sites/default/files/progressive_european_social_policy_en_151217_1.pdf (Sophie Petitjean)