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Bulletin Quotidien Europe N° 11437
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) Énergie

Union de l'énergie, les députés pour un projet ambitieux et équilibré

Bruxelles, 24/11/2015 (Agence Europe) - Veiller à l'équilibre entre les objectifs de décarbonisation de l'UE et de compétitivité de son industrie, lutter contre la pauvreté énergétique, garantir la sécurité énergétique de l'UE en assurant de la diversification des approvisionnements, développer les interconnexions et intégrer le marché intérieur de l'énergie, se concentrer plus sur les énergies renouvelables et l'innovation: telles sont les exigences qui ont été soumises par les députés européens lors d'un débat en session plénière sur le premier état des lieux du projet d'Union de l'énergie, mardi 24 novembre à Strasbourg.

Pilote du projet, le vice-président de la Commission, Maros Sefcovic, a d'abord rappelé les quatre orientations qui guideront le programme d'action de la Commission en 2016: poursuivre la transition de l'UE vers une économie sobre en carbone en préservant son leadership mondial en la matière ; s'assurer que cette transition soit socialement équitable et centrée sur les consommateurs ; examiner les problématiques géopolitiques liées à la sécurité d'approvisionnement de l'UE ; jeter les bases d'un système de gouvernance solide pour aider l'UE à atteindre ses objectifs énergétiques et climatiques à long terme.

M. Sefcovic a aussi répondu aux objections réitérées mardi par de nombreux députés à l'égard du projet russe de doublement du gazoduc Nord Stream, promettant que la Commission veillerait à ce que les nouveaux projets d'infrastructures respectent pleinement le droit communautaire. M. Sefcovic a aussi insisté sur l'importance pour l'UE de la voie de transit gazier à travers l'Ukraine.

Au nom du PPE, le Lituanien Krisjanis Karins et la Française Françoise Grossetête ont insisté sur la nécessité de préserver, en parallèle à la réforme du marché du carbone, la compétitivité de l'industrie de l'UE, en particulier de l'acier, et de ne pas stimuler des délocalisations dans des pays laxistes en matière d'émissions de CO2. M. Karins, relayé par le Polonais Jerzy Buzek, a appelé à veiller à ce que les projets d'infrastructures énergétiques répondent aux intérêts de l'UE, insistant pour que soit évaluée la conformité du projet Nord Stream-2 à l'égard des règles de l'UE. Mme Grosstête a plaidé pour une meilleure gouvernance en matière d'énergie et de climat, un marché de l'électricité mieux organisé et une coopération régionale accrue.

Au nom du groupe S&D, le Roumain Dan a plaidé pour un marché intérieur de l'énergie intégré qui garantisse la sécurité de l'approvisionnement, la décarbonisation et la transition vers un système énergétique efficient basé sur les renouvelables et les technologies propres. M. Nica a aussi insisté pour que l'accent soit mis sur la lutte contre la pauvreté énergétique. L'Allemand Matthias Groote a, lui, plaidé pour un système de gouvernance robuste et des objectifs contraignants ainsi que des mesures concrètes pour l'efficacité énergétique.

Au nom du groupe CRE, le Britannique Ian Duncan a accueilli l'état des lieux avec « tiédeur », insistant sur la nécessité de projets de capture et stockage de carbone (CCS). Son collègue tchèque, Evzen Tosenovsky, a affirmé que Nord Stream-2 était « perçu comme une menace » et il a insisté pour que l'énergie nucléaire soit respectée comme une source d'énergie hautement décarbonée. Il a, lui aussi, insisté sur la nécessité de préserver la compétitivité de l'industrie européenne dans le processus de décarbonisation.

Au nom du groupe ADLE, le Danois Morten Helveg Petersen a appelé les États membres à faire davantage pour réduire la dépendance de l'énergie fossile importée et pour décarboniser l'économie, en insistant, lui aussi, sur la nécessité de veiller à préserver la compétitivité de l'Europe.

Pour le groupe Verts/ALE, le Luxembourgeois Claude Turmes a critiqué le manque d'ambition de la vision d'ensemble de la Commission, déplorant l'absence d'objectifs plus élevés et contraignants à l'horizon 2030 pour les renouvelables et l'efficacité énergétique. Ses collègues suédois, Peter Eriksson, et néerlandais, Bas Eickhout, ont appelé à supprimer les subventions au charbon et à investir dans l'éolien et le solaire.

Le groupe GUE/NGL a plaidé pour une politique énergétique plus durable. Le chypriote Neoklis Sylikiotis a déploré les échecs de la politique actuelle, tant en matière d'interconnexion que de réduction des émissions de CO2 et de la dépendance énergétique, et il a demandé des mesures appropriées pour lutter contre la pauvreté énergétique. L'Allemande Cornelia Ernst a accusé la Commission de « [se prosterner] devant les intérêts nationaux », donnant ainsi sa bénédiction à l'utilisation du charbon et de la fracturation hydraulique pour le gaz de schiste. L'Espagnole Paloma López Bermejo a appelé à créer un autre modèle énergétique basé sur les économies d'énergie et la production locale de renouvelables et les technologies propres.

Au nom du groupe EFDD, l'Italien Dario Tamburrano a plaidé pour des objectifs plus ambitieux et contraignants pour la transition énergétique. « C'est la voie européenne pour la paix et la prospérité. Tant que nous dépendrons du pétrole nous serons vulnérables face au terrorisme », a-t-il insisté.

Pour le groupe ENF, le Français Jean-Luc Schaffhauser a accusé la Commission de « [se tromper] de priorités », en ignorant notamment que « le marché de l'énergie est constitué d'oligopoles naturels où il y a des distorsions ». « Vous êtes face à des États qui agissent seuls », a-t-il conclu. (Emmanuel Hagry)

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