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Bulletin Quotidien Europe N° 11437
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) turquie

Sommet avec l'UE pour réguler les flux migratoires et « redynamiser » les relations

Bruxelles, 24/11/2015 (Agence Europe) - Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a convoqué, lundi 23 novembre en soirée, un sommet UE/Turquie pour le dimanche 29 novembre.

Ce sommet, dont la tenue avait été décidée le 12 novembre dernier à La Valette, lors d'une réunion informelle des chefs d'État et de gouvernement (EUROPE 11429), aura pour objectif de discuter des flux migratoires et de « redynamiser » les relations entre l'UE et la Turquie, a-t-il expliqué sur son compte Twitter.

Cette annonce répond à une revendication de la Turquie et de son président, Recep Tayyip Erdogan, qui avait demandé, dans le cadre des discussions lancées début octobre sur le Plan d'action UE/Turquie relatif à la lutte contre l'immigration irrégulière, que soient organisées régulièrement des réunions dans ce format entre les deux parties. La venue de M. Erdogan dimanche à Bruxelles n'était toutefois pas encore confirmée, mardi 24 novembre, mais le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, sera présent.

Cette annonce du président Tusk répond aussi à une recommandation positive sur l'état d'avancement du plan d'action formulée par la Commission, a expliqué le responsable sur son compte Twitter. Le Premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, pilote ces discussions et s'est encore rendu à Ankara en milieu de semaine dernière. C'est sur la base de son compte-rendu à M. Tusk et au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, que la tenue de ce sommet a pu être confirmée. L'UE attendait aussi la formation du gouvernement turc, qui a été rendue publique ce 24 novembre. Mevlüt Çavusoglu reste ministre des Affaires étrangères et Volkan Bozkýr ministre des affaires européennes.

Selon des sources, les derniers échanges menés par M. Timmermans étaient plus constructifs que la réunion organisée en marge du G20 d'Antalya, dimanche 15 novembre, entre M. Erdogan et ses homologues, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker. Une rencontre qui se serait « très très mal passée », a dit une source.

Pour les Turcs, a expliqué une source européenne, mardi 24 novembre, deux choses sont importantes: la tenue de ce sommet et l'enveloppe de 3 milliards d'euros que la Commission a détaillée le 24 novembre. Mais les discussions ont pu être ralenties pour des raisons de « volonté politique de part et d'autre », expliquait une autre source, lundi 23 novembre. Le sommet de dimanche devra en tout cas servir à finaliser et lancer ce plan d'action, ce que certaines sources croient possible maintenant que ce sommet a été confirmé.

Cette enveloppe financière, regroupée dans un instrument de facilité pour les réfugiés syriens présents sur le sol turc, reposera sur l'argent du budget européen à hauteur de 500 millions d'euros, a expliqué la Commission mardi. Les États membres ont été invités à fournir le reste. Ce budget couvrirait les années 2016 et 2017.

En échange, l'UE attend d'Ankara qu'elle renforce la gestion de ses frontières, régule les flux migratoires vers la Grèce et permette aux réfugiés syriens de s'intégrer dans le pays, les enfants de réfugiés devant, par exemple, être davantage scolarisés. Sur la gestion des frontières, les flux de migrants arrivant en Grèce ont toutefois nettement diminué ces derniers jours, en raison notamment des conditions météorologiques. Selon des estimations du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), le nombre de personnes arrivées en Grèce serait passé de 220 535 en octobre à 116 579 au 23 novembre. Le mois d'octobre avait toutefois été qualifié de mois « record ».

La Turquie aurait-elle joué un rôle dans la diminution des flux ? Pour l'ONG Human Rights Watch, le pays serait en tout cas en train de refouler les Syriens cherchant à rejoindre son territoire.

En échange de son aide sur les frontières, la Turquie veut engranger des avancées sur la libéralisation des visas (M. Juncker avait parlé début octobre d'un régime sans visas pour certaines catégories de la population turque dès juillet 2016, comme les entrepreneurs), mais aussi sur son processus d'adhésion à l'UE.

Avancer dans les négociations d'adhésion

Dans ses conclusions du 15 octobre, le Conseil européen avait demandé que le processus d'adhésion soit redynamisé « en vue de réaliser des progrès dans les négociations ». Le 18 octobre, M. Ergodan avait expliqué que cinq chapitres de négociation pourraient être ouverts: les chapitres 15 (énergie), 17 (politique économique et monétaire), 23 (appareil judiciaire et droits fondamentaux), 24 (liberté, sécurité, justice) et 31 (politique étrangère, de sécurité et de défense).

Le chapitre 17 pourrait être ouvert d'ici à la fin de l'année, si tous les États membres donnent leur accord. Mais les 4 autres chapitres sont bloqués par la République de Chypre, en lien avec la division de l'ile. La Commission européenne a cependant aussi annoncé son intention de réaliser, avant la fin du premier semestre de 2016, la mise à jour des examens analytiques de l'acquis, avec des critères d'ouverture pour les chapitres 23 et 24 (règle de chapitres de droit), un rapport mis à jour pour le chapitre 15 et une proposition de mise à jour pour ouvrir le chapitre 26 sur l'éducation. Selon une source européenne, l'examen du chapitre 31 pourrait aussi commencer. Les discussions pourront ainsi démarrer au Conseil sur ces chapitres, sans pour autant que les États membres décident de les ouvrir.

Si la lutte contre l'organisation État islamique n'est pas officiellement au menu du sommet, elle pourrait cependant être également discutée par les chefs d'État et de gouvernement. (Solenn Paulic avec Camille-Cerise Gessant)

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