Bruxelles, 28/07/2015 (Agence Europe) - Les trois 'institutions' (Commission européenne, BCE, FMI) représentant les créanciers interinstitutionnels de Chypre dressent un bilan positif de leur mission de suivi, mais ils estiment impératif de traiter la question des prêts non performants du secteur bancaire.
Dans une déclaration commune, le trio institutionnel dresse ses conclusions de la mission de suivi effectuée sur l'île entre le 14 et le 24 juillet qui font l'objet d'un accord avec les autorités chypriotes au niveau technique. S'il est repris à son compte par l'Eurogroupe et le FMI en septembre ou en octobre, cet accord marquera officiellement la fin de la mission de suivi.
Dans le communiqué conjoint, les 'institutions' estiment qu'accélérer le tempo des réformes sera essentiel, même si elles ne manquent pas de pointer les embellies (reprise économique, chute du chômage) et les efforts entrepris (stabilisation du secteur bancaire, objectifs budgétaires atteints, mise en oeuvre du programme de réformes structurelles).
Le traitement prioritaire de la question des prêts toxiques ('non performing loans') du secteur bancaire est une recommandation quasi systématique. Après l'adoption par le parlement chypriote d'un cadre réglementaire sur l'insolvabilité et sur les saisies immobilières, d'autres étapes sont nécessaires, estiment les représentants des créanciers de l'île. Les 'institutions' appellent en effet à une adoption rapide de la législation visant à accélérer le transfert des titres de propriété et à faciliter le rachat de prêts. « Les autorités chypriotes devraient également faire les efforts nécessaires pour mettre en oeuvre effectivement les cadres sur l'insolvabilité et les saisies », soulignent-elles.
Le trio institutionnel encourage le gouvernement chypriote à maintenir des finances publiques saines afin de permettre à la dette publique de retrouver un niveau acceptable et à diriger la dépense publique vers des activités favorables à la croissance. Dans son dernier rapport de suivi, publié il y a une semaine, la Commission prévoit que la dette chypriote commence à décliner en 2015, passant de 106% à 98,8% du PIB en 2016 (EUROPE 11363). Les réformes structurelles, notamment les privatisations et la réforme de l'administration publique, sont quant à elles capitales, estiment les créanciers de Nicosie. Dans son rapport, la Commission s'inquiétait de l'apparent affaiblissement du soutien politique au processus de privatisation. (Elodie Lamer)