Bruxelles, 15/07/2015 (Agence Europe) - Le Parlement européen tente de trouver un compromis sur le dossier de l'agriculture biologique, notamment sur les sujets difficiles de la présence de pesticides dans les produits bio (seuils de contamination), des contrôles et des exploitations mixtes.
Après l'orientation générale du Conseil obtenue à la mi-juin, les travaux sur le dossier de l'agriculture biologique se sont poursuivis mercredi 15 juillet au sein de la commission de l'agriculture du Parlement européen.
Martin Häusling (Verts/ALE, allemand), le rapporteur sur le dossier, a plus de 1 500 amendements à traiter. Les amendements concernent les groupes d'entreprises, la question des semences (il faut une définition plus sévère, selon lui), les règles de production, a dit le rapporteur. Son grand sujet, c'est la question des entreprises mixtes (il ya beaucoup d'amendements sur ce sujet). Il estime que, à long terme (en dix ans), les entreprises mixtes (qui font du bio et du conventionnel) devraient disparaître. Ceci est très contesté par de nombreux autres députés. Sur la présence de substances non autorisées, M. Häusling estime que l'agriculture biologique ne se définit pas seulement par l'absence de pesticides. Il y a d'autres critères sur la manière de traiter les sols et les animaux. « Il faut aller dans le sens de meilleurs contrôles ».
Ivan Jakovcic (ADLE, croate), rapporteur fictif, juge nécessaire de prévoir une valeur limite (un seuil) sur la présence de substances non autorisées (comme le souhaitait la Commission, mais pas le Conseil, opposé à de tels seuils).
Eric Andrieu (S&D, français), rapporteur fictif, a dit qu'il fallait conserver des exploitations mixtes sans limites dans le temps. Sur la question des seuils de contamination, M. Andrieu a indiqué que la question de décertification est légitime dès lors que l'agriculteur est responsable de la contamination, mais quand il est victime de cette dernière, la fixation de seuil ne lui semble pas appropriée. Il prône des mesures plus progressives (une période d'investigation, jusque 2020) pour identifier les causes des pollutions. Sur les contrôles, la Commission propose de supprimer le système de contrôle annuel obligatoire. M. Andrieu estime nécessaire de maintenir le système annuel, mais il doit être harmonisé.
Lidia Senra Rodriguez (GUE/NGL, espagnole) s'est opposée à la fixation de seuils de contamination, en estimant qu'il faut veiller à la prévention. Elle a demandé aussi la protection des semences et des différentes variétés et races animales locales. (Lionel Changeur)