Bruxelles, 06/07/2015 (Agence Europe) - Les principaux groupes politiques du Parlement européen ont réagi, dimanche 5 juillet, à la victoire du 'non' au référendum en Grèce (EUROPE 11351).
La droite européenne est plutôt d'avis que la position du gouvernement grec ne s'est pas renforcée, la confiance des pays créanciers envers le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, étant sérieusement entamée. À gauche de l'échiquier politique, on exhorte les parties à reprendre au plus vite les négociations afin de trouver une solution durable à la crise de l'Eurozone afin que l'euro demeure la monnaie officielle en Grèce.
Au nom du groupe PPE, l'Allemand Manfred Weber a prévenu: « Il n'y a pas, et il n'y aura pas, ni de solution facile, ni de solution rapide ». Selon lui, la position de M. Tsipras « ne sort pas renforcée » après le référendum dans la mesure où il « a rompu en grande partie les liens de confiance qui le liaient à ses partenaires européens ». Néanmoins, le chrétien-démocrate a appelé à la recherche de « solutions européennes » qui respectent les intérêts des 28 démocraties formant l'Union européenne, soulignant que son groupe était « prêt à apporter à la Grèce une aide humanitaire - que l'État reste ou non dans la zone euro ».
Le chef de file du groupe eurosceptique CRE, le Britannique Syed Kamall, ne voit pas d'autre solution que celle où les pays riches doivent reconnaître que, pour le salut de la monnaie unique, ils devront transférer à perte des ressources aux pays pauvres et où les pays pauvres doivent comprendre que les pays riches voudront fixer les règles du jeu. Il a prédit des lendemains difficiles pour les Grecs, espérant que l'UE ne cherchera pas à les punir pour leur choix démocratique.
« M. Tsipras a gagné le référendum, mais il a perdu sa crédibilité dans le reste de l'Europe. Il lui revient à présent de montrer qu'il est sérieux dans sa volonté que la Grèce reste dans la zone euro », a estimé le président du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt. S'il fait des propositions crédibles, les leaders européens doivent lui laisser une chance, a-t-il estimé, convaincu que le 'non' au référendum constitue aussi l'opportunité de mettre en place des réformes plus profondes pour rendre l'économie grecque compétitive.
La gauche européenne à la recherche d'une sortie de crise par le haut
Le président du groupe social-démocrate, l'Italien Gianni Pittella, a appelé à la reprise des négociations entre Athènes et ses créanciers. Certains pays créanciers doivent en finir avec leur « rigidité inacceptable et (leur) égoïsme national », tandis que le Premier ministre grec doit revenir à la table des négociations « avec une attitude responsable renouvelée », a-t-il ajouté.
La présidente du groupe GUE/NGL, l'Allemande Gabi Zimmer, a salué le courage du peuple grec. « Le berceau de la démocratie a montré au reste de l'UE que la volonté démocratique est bien plus forte que l'alarmisme et les menaces des élites dirigeantes », a-t-elle déclaré. Selon elle, « le 'non' au référendum signifie que les Grecs disent 'oui' à une distribution socialement plus juste du poids des réformes nécessaires dans leur pays pour lutter contre la corruption et le népotisme, (…) et surtout à des négociations obligatoires sur la restructuration de la dette, y compris via une décote ».
De l'avis du groupe Verts/ALE, « l'Union européenne et la Grèce font face à une crise politique profonde et leur réponse aura un impact majeur sur l'avenir de l'intégration européenne ». L'Allemande Rebecca Harms et le Belge Philippe Lamberts soulignent qu'« une majorité de citoyens grecs veut rester dans la zone euro et il est dans l'intérêt de tous les pays de l'Eurozone qu'il en demeure ainsi ». Et le groupe écologiste d'avancer les pistes d'un possible accord: - « une aide financière immédiate » pour éviter un défaut formel de la Grèce avec en contrepartie des mesures conditionnelles qui « fassent sens économiquement et soient justes socialement » ; - une restructuration de la dette plaçant celle-ci sur une trajectoire « crédible » à moyen terme ; - une assistance destinée à stimuler l'investissement ; - l'engagement du gouvernement grec à opérer des réformes fondamentales afin d'en finir avec la « culture du clientélisme ». (Mathieu Bion)