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Bulletin Quotidien Europe N° 11352
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) grÈce

Le couple franco-allemand laisse la porte ouverte à de nouvelles propositions de M. Tsipras

Bruxelles, 06/07/2015 (Agence Europe) - Réunis à Paris à la veille d'un sommet d'urgence sur la crise grecque, le président français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont laissé la porte ouverte aux discussions qui pourraient s'avérer cruciales pour le maintien de la Grèce dans la zone euro.

Le couple franco-allemand a dit respecter les résultats du référendum grec au cours duquel les Grecs ont exprimé leur exaspération vis-à-vis des plans de sauvetage auxquels ils sont soumis depuis mai 2010. « La porte est ouverte aux discussions » et il revient désormais au Premier ministre grec, Alexis Tsipras, de faire des propositions « sérieuses et crédibles » pour faire en sorte que la volonté de la classe politique de rester dans la zone euro puisse s'affirmer, a déclaré M. Hollande. Ce mardi, lors du sommet de la zone euro, il faudra aussi voir quelle sera la réaction à la situation et à ces propositions des 18 autres pays formant l'Eurozone, « ça aussi c'est la démocratie », a souligné Mme Merkel. Elle a repris à son compte la formule du président français selon laquelle l'Europe est une communauté de valeurs et de principes fondée sur « la solidarité et la responsabilité ». Elle a d'ailleurs estimé que les créanciers d'Athènes avaient « déjà fait preuve de beaucoup de solidarité », qualifiant le paquet de mesures rejeté par les Grecs de « très généreux». M. Hollande a également insisté sur l'« urgence pour la Grèce et pour l'Europe » de trouver une solution.

Au même moment, la Banque centrale européenne a décidé de maintenir inchangé, c'est-à-dire à près de 89 milliards d'euros, le niveau des liquidités d'urgence (ELA) fournies au système bancaire grec. La fermeture des banques grecques devrait se prolonger au moins jusqu'à mercredi 8 juillet tout comme les restrictions au mouvement des capitaux mises en place la semaine dernière en Grèce.

Le 'non' au référendum complique la situation, d'après M. Dombrovskis

Le vice-président de la Commission européenne chargé de l'Euro, Valdis Dombrovskis, a appelé, lundi 6 juillet, toutes les parties à agir de manière responsable « afin de résoudre cette situation très difficile ». Il a dit que la place de la Grèce restait en Europe, mais a soigneusement évité de dire si son maintien dans la zone euro serait préservé. La victoire du 'non' au référendum en Grèce « a élargi le fossé entre la Grèce et les autres pays de l'eurozone », a-t-il constaté, demandant au gouvernement Tsipras d'« être honnête avec le peuple grec sur les conséquences potentielles des décisions qu'il prend ».

Pour entamer des discussions avec la Grèce sur un 3ème plan d'aide, la Commission européenne a besoin d'un mandat de l'Eurogroupe. Il n'est pas certain, à ce stade, que les ministres de la zone euro en décident ainsi, mardi 7 juillet lors de leur réunion extraordinaire destinée à préparer le sommet de la zone euro. L'Eurogroupe aura pour but de « faire le point », disait-on du côté de l'eurozone, lundi.

Avant toute chose, les ministres des Finances de la zone euro attendent des nouvelles propositions d'Athènes. Selon l'AFP, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, auraient convenu que la Grèce présentera des propositions lors du sommet de la zone euro, mardi soir. Mais, plus tôt dans la journée, un porte-parole du gouvernement allemand avait déclaré que, compte tenu de la victoire du 'non' au référendum en Grèce (EUROPE 11351), les conditions n'étaient pas réunies pour négocier un nouveau plan de sauvetage. L'Espagne et l'Italie ont de leur côté signalé leur ouverture à la négociation.

Le FMI s'est dit prêt à assister Athènes si on le lui demandait. Le plan d'aide du FMI est toujours en cours, jusqu'au 1er trimestre de 2016, mais l'organisation financière ne pourra plus procéder à des versements tant que la Grèce n'aura pas remboursé son arriéré auprès du FMI.

La dette grecque, sujet au coeur des tractations

Selon certains médias, la Grèce entend faire des propositions sur base du dernier paquet de propositions de la Commission, en veillant à y inclure des dispositions sur la dette grecque à la lumière du récent rapport du FMI (EUROPE 11347). Sur ce point, la Commission a démenti les rumeurs selon lesquelles l'eurozone aurait tenté d'empêcher le FMI de le publier. M. Dombrovskis a en effet expliqué que la mise à jour de l'analyse de la viabilité de la dette portait le sceau des trois 'institutions' (Commission, BCE, FMI) représentant les créanciers d'Athènes. Le ministère des Finances allemand a toutefois dit qu'il ne voyait toujours pas de base pour une discussion à ce sujet.

Le vice-chancelier allemand, le social-démocrate Sigmar Gabriel, a anticipé une possible discussion lors du Sommet sur une éventuelle aide humanitaire à la Grèce. « Nous ne pouvons pas abandonner la Grèce, tous les pays européens doivent être prêts à accorder une aide humanitaire. (...) Je suppose que cela sera discuté demain à Bruxelles », a-t-il déclaré.

Après une discussion de plusieurs heures, tous les chefs d'opposition à l'exception des partis communiste KKE et d'extrême droite Aube Dorée, ont accepté de soutenir le Premier ministre grec dans ses négociations avec l'échelon européen. Une déclaration commune était attendue dans la journée, avec une référence à la question de la dette.

M. Tsipras s'était également entretenu dans la journée avec le président français, François Hollande, le président de la BCE, Mario Draghi, et le président russe, Vladimir Poutine. Ce dernier a assuré de son soutien au peuple grec. Les dirigeants des institutions européennes se sont également entretenus lundi matin.

Euclide Tsakalotos remplace M. Varoufakis

Le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, a été remplacé par Euclide Tsakalotos, qui était chargé des négociations avec les 'institutions'. Ce remaniement est à interpréter comme un geste d'apaisement du gouvernement grec afin de trouver une solution à la crise actuelle. M. Varoufakis a expliqué sur son blog qu'il avait été informé « de la préférence de certains participants de l'Eurogroupe pour mon absence, une idée que le Premier ministre a jugé potentiellement utile pour atteindre un accord ».

Alors qu'était très attendue la décision de la BCE sur les aides d'urgence aux banques grecques, des sources bancaires ont dit à Reuters que la fermeture des banques pourrait être prolongée de quelques jours, jusqu'à vendredi ou lundi prochain. (Elodie Lamer et Mathieu Bion)

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