Riga, 21/05/2015 (Agence Europe) - 95 députés européens ont appelé, mercredi 20 mai, les dirigeants européens à envoyer un signal positif à l'égard de l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie concernant une future adhésion à l'UE, mais la chancelière allemande Angela Merkel a rendu vains ces espoirs d'adhésion à court terme.
« Les aspirations européennes de ces pays nécessitent une réponse plus ambitieuse », soulignent des députés de différents partis et États membres dans une lettre ouverte. « Par conséquent, en conformité avec les dispositions de l'article 49 du traité de l'Union européenne (qui souligne que tout État européen qui respecte les valeurs européennes peut faire une demande d'adhésion), nous pensons que l'UE doit envoyer un signal positif à l'égard de l'adhésion future de ces pays à l'UE », expliquent-ils. Selon eux, l'ouverture de la perspective d'une telle adhésion « représenterait une incitation importante à la poursuite des réformes démocratiques ainsi que l'envoi d'un signal approprié et puissant dans la situation géopolitique actuellement tendue ». Mais les attentes des députés ont peu de chances d'être entendues.
Une déclaration très loin de se référer à l'article 49
Une nouvelle fois, la formulation des aspirations européennes de certains pays partenaires est un point important - et de discorde - de la déclaration finale d'un sommet du Partenariat oriental. Si certains États membres souhaitent une expression claire d'une possible adhésion, d'autres s'y refusent.
Dans le dernier projet de déclaration finale validé par les 28 États membres de l'UE et qui devait encore être approuvé par les pays partenaires, il n'est pas question d'élargissement. Les Vingt-huit se seraient mis d'accord pour rappeler la formulation de Vilnius. Ainsi, les dirigeants reconnaitraient « les aspirations européennes et le choix européen » des pays partenaires « comme souligné dans les accords d'association ». Le projet de déclaration ultérieure ne comportait même pas cette phrase mais se contentait de faire référence aux déclarations finales des précédents sommets du Partenariat oriental. Les dirigeants souligneraient aussi leur « ferme intention de faire avancer les engagements pris lors des sommets précédents et dans les accords bilatéraux ».
Avant de partir à Riga, jeudi 21 mai, la chancelière allemande, Angela Merkel, a douché les espoirs des pays partenaires. Le Partenariat oriental n'est « pas un instrument » de la politique européenne de voisinage, a-t-elle expliqué au parlement allemand, selon l'AFP. « Nous ne devons donc pas susciter de faux espoirs que nous ne pouvons pas concrétiser plus tard », a-t-elle ajouté.
Interrogé sur la lettre des députés, le commissaire à la Politique de voisinage et aux Négociations d'adhésion, Johannes Hahn, a souligné qu'il s'agissait « d'attentes, mais aussi de choses à faire ». « Nous devrions maintenant nous concentrer sur les prochaines étapes immédiates, la mise en oeuvre de l'accord d'association et de la zone de libre-échange complet et approfondi, il s'agit d'un processus (…) et ensuite nous pourrons parler » d'élargissement, a-t-il expliqué lors du Business forum à Riga. (Camille-Cerise Gessant)