Bruxelles, 21/05/2015 (Agence Europe) - De l'Union européenne, premier donateur mondial d'aide publique au développement (APD), les députés européens attendent qu'elle donne l'exemple à la communauté internationale pour le financement du développement post-2015, selon une résolution adoptée mardi 19 mai à Strasbourg à une très large majorité (582 voix pour, 79 contre, 28 abstentions).
Ce texte non contraignant, mais politiquement fort, presse l'UE et ses États membres de respecter l'engagement qu'ils ont pris, d'allouer collectivement 0,7% du revenu national brut (RNB) de l'UE à l'aide publique au développement et de s'en donner les moyens d'ici à l'horizon 2020. La moitié de cette aide et au moins 0,2% du RNB des États membres devraient être réservés pour les pays les moins avancés, ont estimé les députés - une exigence d'autant plus importante que, selon le dernier rapport préliminaire de l'OCDE sur les chiffres d'aide au développement, l'aide bilatérale aux pays les plus pauvres a connu l'an dernier un recul de 16% (EUROPE 11290).
Les députés demandent que cet objectif, initialement souscrit en 2005 pour l'horizon 2015, soit reconfirmé avant la troisième conférence onusienne sur le financement du développement prévue en juillet à Addis-Abeba (Éhtiopie) du 13 au 16 juillet et que les États membres présentent des calendriers budgétaires pluriannuels pour respecter cet engagement à l'horizon 2020 en tenant compte de leurs contraintes budgétaires.
Ce message est délivré à dessein avant le Conseil Affaires étrangères dans son format Développement du 26 mai qui se penchera sur le sujet.
« Le Parlement adresse un message politique fort à la Commission, au Conseil et aux États membres sur le rôle de leadership et le sens des responsabilités que devrait assumer l'UE dans les négociations d'Addis- Abeba», s'est réjoui le rapporteur Pedro Silva Pereira (S&D, portugais).
Le Parlement souligne que la mobilisation de ressources nationales est plus prévisible et durable que l'assistance étrangère et doit constituer une source majeure de financement. Aussi appelle-t-il la Commission à augmenter son assistance au renforcement des capacités des pays en développement en matière d'administration fiscale, de gestion des fonds publics, de lutte contre la corruption. À l'UE et à ses États membres, il demande de lutter activement contre les paradis fiscaux, l'évasion fiscale et les flux illicites de capitaux.
Le Parlement estime que les règles de fiscalité applicables aux multinationales devraient inclure le principe d'un paiement de l'impôt dans le pays où la valeur est extraite ou créée.
Les députés européens rappellent que l'aide publique au développement ne peut, à elle seule, couvrir tous les investissements nécessaires dans les pays en développement et appellent l'UE à établir, pour ces pays, un cadre réglementaire stimulant des investissements plus responsables et plus transparents et contribuant au développement d'un secteur privé conscient de ses responsabilités sociales dans les pays en développement.
L'ONG ONE, qui lutte contre l'extrême pauvreté dans le monde, a salué cette résolution par laquelle « le Parlement a une fois de plus montré son engagement fort envers l'obtention d'un agenda transformatif pour les plus pauvres et les plus vulnérables au monde ». Valentina Barbagallo, membre de cette ONG, espère que les ministres chargés du Développement suivront « ces recommandations courageuses ». (Aminata Niang)