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Bulletin Quotidien Europe N° 11293
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) inde

Négociations de libre-échange, la reprise des contacts pour bientôt

Bruxelles, 13/04/2015 (Agence Europe) - La tournée en France puis en Allemagne du Premier ministre indien, Narendra Modri, du vendredi 10 au lundi 13 avril, n'a pas permis une reprise du contact direct avec l'UE, en vue d'une relance du processus des négociations de libre-échange UE/Inde, arrêté depuis fin 2013. Mais Bruxelles et New Delhi oeuvrent pour une prochaine prise de contact informelle au niveau ministériel.

La commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, et la ministre indienne du Commerce, Nirmala Sitharaman, qui accompagnait M. Modri pendant sa tournée européenne, ne se sont pas rencontrées en marge de la foire de Hanovre, à la mi-avril, comme l'avait suggéré Mme Malmström dans un courrier adressé à son homologue indien, le 5 mars, et comme le spéculait la presse indienne. « Mme Malmström, ne s'est pas rendue à Hanovre lundi. Mais nous sommes en contact pour trouver une date, les choses bougent », nous assurait une source communautaire, lundi 13 avril. Dans son courrier du 5 mars, Mme Malmström, avait aussi suggéré de rencontrer la ministre Sitharaman lors du conseil ministériel de l'OCDE à Paris, les 3 et 4 juin.

La partie européenne aimerait relancer le processus des laborieuses négociations de libre-échange entre l'UE et l'Inde, lancées en 2007, et arrêtées avant les élections générales indiennes, au printemps 2014, après 13 rounds de négociation au plan technique. « Nous avons besoin de savoir que le niveau d'ambition est le même avant de retourner à la table des négociations. Nous n'avons pas encore les signes de l'Inde. J'ai écrit à la ministre pour lui demander une réunion informelle où nous pourrions discuter des différents aspects de la relation UE/Inde. J'espère la rencontrer très bientôt », avait expliqué à la presse Mme Malmström, en marge de la réunion informelle des ministres européens du Commerce, le 25 mars à Riga.

Initialement, l'UE et l'Inde souhaitaient dynamiser une relation commerciale qui a vu les échanges bilatéraux de marchandises doubler en une décennie, mais retomber de plus de 80 milliards d'euros en 2011 à 72,7 milliards d'euros en 2013 (35,9 milliards d'exportations pour l'UE, 36,8 milliards pour l'Inde). Les échanges de services ont, en revanche, poursuivi leur croissance, atteignant 23,7 milliards d'euros en 2013. L'investissement bilatéral a dépassé 50 milliards d'euros en 2013 (avec un stock d'IDE de 41,8 milliards d'euros pour l'UE en Inde et de 8,8 milliards d'euros pour l'Inde dans l'UE).

« Nos relations commerciales sont loin d'être optimales. Il y a beaucoup de potentiel inexploité dans nos flux bilatéraux de biens, de services et d'investissement. En outre, le cadre qui régit notre coopération remonte à 1994 et, bien qu'il ait été revigoré en 2004 par la reconnaissance de la nature stratégique de notre partenariat, il ne prend pas en compte les changements importants que nos économies ont connus dans les deux dernières décennies et nos nouveaux besoins. Le temps est venu d'entreprendre une vaste réflexion sur la façon dont nous pourrions faire progresser nos relations commerciales pour débloquer la large gamme d'opportunités pour nos deux économies », insistait Mme Malmström, dans son courrier du 5 mars.

Avant l'arrêt des pourparlers fin 2013, négociateurs européens et indiens n'étaient pas parvenus à aplanir leurs divergences sur plusieurs chapitres clés - services, automobile, vins et spiritueux, marchés publics, propriété intellectuelle et produits pharmaceutiques, développement durable (EUROPE 10931). En outre, l'échec des négociations de libre-échange a mis un frein à la relation bilatérale UE/Inde, puisque qu'aucun sommet bilatéral, en principe annuel, ne s'est tenu depuis février 2012.

Comme lors de son étape en France, le Premier ministre indien, Narendra Modi, a vanté, dimanche 12 avril à Hanovre, les réformes entreprises dans son pays et promu le make in India, invitant les entreprises allemandes à investir en Inde, « l'économie à la croissance la plus rapide du monde ». L'Inde table en effet sur une croissance de 7,4% entre 2014 et 2015. « Nous réformons nos institutions d'une manière inédite au regard des dernières décennies », a assuré M. Modi, assurant que son pays se dote de nouvelles infrastructures et d'un environnement fiscal et réglementaire accueillant pour les entreprises étrangères. (Emmanuel Hagry)

 

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