Bruxelles, 13/04/2015 (Agence Europe) - La Banque européenne d'investissement (BEI) est d'avis que la garantie provenant du budget de l'UE et sur laquelle reposera le futur Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) doit être solide et disponible dès que le fonds sera opérationnel, à l'été.
Au moment où le FEIS entrera en fonction, « il doit y avoir une garantie 100% disponible » ou du moins « solide », a déclaré Jonathan Taylor, vice-président de la BEI responsable pour le climat et l'énergie à quelques journalistes, lundi 13 avril. Selon lui, les marchés de capitaux doivent avoir l'assurance que les projets soutenus par le FEIS dans lesquels ils investiront bénéficient dès le départ d'une garantie publique maximale afin d'essuyer d'éventuelles pertes. « Sinon, ils réclameront un rendement supérieur pour l'argent qu'ils investiront », a déclaré M. Taylor.
Dans sa proposition initiale, la Commission européenne envisage de prélever des montants dans les enveloppes déjà attribuées au programme de recherche 'Horizon 2020' et au Mécanisme d'interconnexion pour l'Europe (MIE) afin de mettre sur pied la garantie publique du FEIS qui s'élèvera à 16 milliards d'euros. Au Conseil de l'UE, les États membres sont sur cette ligne. Mais le Parlement européen, qui peaufine sa position en vue d'un vote en commission parlementaire d'ici à fin avril, craint qu'un tel montage ait un impact négatif sur des lignes budgétaires déjà mobilisées pour accroître le potentiel d'investissement en Europe. Il réfléchit à un montage progressif ainsi qu'à l'utilisation des instruments budgétaires de flexibilité (EUROPE 11283).
Mardi, la commission à l'industrie du PE votera sa position pour avis sur le plan 'Juncker'. Un des enjeux des discussions concerne la possibilité de réserver une partie du financement du FEIS à des projets promouvant l'efficacité énergétique. Mais, d'après M. Taylor, « mieux vaut laisser autant de flexibilité que possible dans la façon dont les fonds peuvent être utilisés ». Le risque existe que, si les projets sont insuffisants dans un secteur, les montants réservés ne puissent être réutilisés ailleurs, a-t-il fait remarquer.
En 2014, la BEI a octroyé près de 20 milliards d'euros de prêts (25% du total) pour des projets visant à favoriser la lutte contre les changements climatiques. Si le FEIS, qui aidera des projets plus risqués ayant des difficultés à trouver des financements, n'atteint pas ce ratio de 25% de financement, les autres instruments de financement de la BEI devront faire plus pour que l'objectif global soit atteint. (Mathieu Bion)