Bruxelles, 10/04/2015 (Agence Europe) - Le flou règne encore sur l'efficacité qu'aura la 'task force' de la Commission européenne pour faciliter l'absorption des fonds structurels européens 2007-2013.
Lancée en novembre 2014 par Corina Cretu, commissaire européenne à la Politique régionale, cette cellule doit aider les 8 pays (Slovénie, Croatie, Slovaquie, République tchèque, Hongrie, Roumanie, Bulgarie et Italie) les plus en difficulté à absorber le maximum de fonds européens d'ici fin 2015 (EUROPE 11224).
L'action de cette 'task force' se concrétise par un plan d'action pour chacun de ces pays - plan soumis par l'autorité nationale après échanges avec les experts communautaires, puis validé par les services à la Politique régionale de la Commission. Mais, premier problème, l'élaboration et la validation de ces plans prennent du temps, alors que l'année 2015 est déjà bien entamée. Fin mars, la Commission avait précisé que seuls les plans de la Slovénie et de la Croatie avaient déjà été validés. Celui de la Hongrie n'avait pas encore été soumis et les autres plans étaient en cours d'évaluation (EUROPE 11284). Pour la Slovaquie, une source travaillant sur la question a indiqué à EUROPE qu'elle attendait une réponse de la Commission pour septembre. La Commission n'a pas commenté la lenteur de la procédure. Une source en son sein l'a attribuée aux processus administratifs, une autre a laissé entendre l'existence de difficultés de fonds dans certains cas.
Deuxième problème: en fin de période, le nombre d'actions possibles pour améliorer l'absorption est limité. Parmi elles figurent notamment la soumission de nouveaux projets, le transfert au sein d'une ligne prioritaire d'un programme opérationnel et la modification des programmes opérationnels (ce qui requiert l'aval de la Commission). La Commission insiste aussi beaucoup sur l'utilisation des instruments financiers.
Les États membres, eux, sont réticents à communiquer sur le détail de leur plan. Seule exception, la Représentation permanente de l'Italie a précisé à EUROPE que le projet italien soumis consistait surtout en une actualisation du programme actuel de monitoring. Ce programme avait été mis en place dès 2012, et comportait des objectifs intermédiaires d'absorption d'ici décembre 2015. Selon les données disponibles sur le site Internet 'Opencoesione.gov.it', ces cibles intermédiaires sont: 85% vers avril 2015, 95% vers novembre, et 100% en décembre. La République tchèque a déclaré à EUROPE que des mesures spécifiques étaient bien en discussion, mais qu'il n'y avait « pas de plan d'action officiel ».
Par ailleurs, la Représentation permanente de l'Italie précise que le voyage de Corina Cretu en Italie, prévu du 22 au 25 avril, pourrait être retardé. Graziano Delrio, sous-secrétaire à la présidence du Conseil des ministres et chargé des fonds européens, a en effet quitté son poste la semaine dernière. Son remplaçant n'est pas encore connu. Une décision définitive quant à la visite devrait être prise la semaine prochaine. (Jean Comte)