Bruxelles, 10/04/2015 (Agence Europe) - Les discussions entre la Grèce et le groupe de Bruxelles (Commission, BCE, FMI, FESF) doivent reprendre ce lundi 13 avril, selon la presse grecque.
Le travail nécessitera « une liste de réformes plus profondes », a d'ores et déjà prévenu le Premier ministre français, Manuel Valls, dans un entretien paru vendredi dans le journal portugais Diàrio Económico.
« Il y a des progrès, mais ils sont encore insuffisants. Nous devons donc inviter les autorités grecques à persévérer dans leurs efforts », a ajouté M. Valls, affirmant que le temps pressait. « Davantage d'aide financière ne peut être accordée à la Grèce que si elle maintient des finances publiques saines », a, pour sa part, dit depuis Johannesburg Andreas Dombret, membre du Conseil d'administration de la Bundesbank.
Jeudi, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, s'était dit confiant qu'un accord serait trouvé pour l'Eurogroupe le 24 avril. « Les négociations se passent bien et c'est dans notre intérêt mutuel de trouver un accord d'ici le 24 avril ; je suis sûr que nous y arriverons », a-t-il dit dans une interview à Bloomberg TV. La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, qui a confirmé avoir reçu le remboursement de la Grèce jeudi, a dit à CNBC que les discussions étaient difficiles de manière quasi quotidienne.
M. Varoufakis a toutefois expliqué, lors d'une conférence à Paris, jeudi, qu'il n'allait pas poser sa signature « juste pour obtenir la prochaine tranche de prêt » et que la Grèce ne ferait pas de fausses promesses. La presse grecque fait état d'une possible réunion de l'Eurogroupe le 29 avril, si un accord n'est pas trouvé sur la substance des réformes à mener d'ici l'Eurogroupe du 24.
Le ministre grec a expliqué que la Grèce avait besoin de discussions plus approfondies avec ses créanciers pour trouver des solutions à long terme aux problèmes du pays. Celles-ci doivent concerner la taille adéquate de l'excédent budgétaire primaire (avant service de la dette), les moyens de stimuler l'investissement dans le privé et la gestion de la dette publique. « Nous avons besoin d'un plan budgétaire qui ait du sens », a-t-il expliqué. Selon lui, l'objectif pour 2016 d'un excédent primaire de 4,5% du PIB en 2016 signifie « une austérité continue qui est vouée à l'échec, car la dette augmente en raison de la chute du PIB ». Il a également critiqué la façon dont la zone euro avait été créée. « Je ne crois pas que qui que ce soit aurait dû devenir membre de l'eurozone, de la manière dont elle a été conçue (…), mais c'est une chose de dire cela et une autre de dire que nous devrions la quitter », a-t-il expliqué. (Elodie Lamer)