Bruxelles, 10/04/2015 (Agence Europe) - Les représentants des organisations agricoles et de l'industrie agroalimentaire européennes ont donné de la voix, jeudi 9 avril, pressant le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, de renoncer à toute tentative de renationaliser dans l'UE les autorisations d'utilisation des cultures génétiquement modifiées aux fins de l'alimentation animale et humaine.
Convaincus qu'une telle tentative saperait le marché intérieur, ils sont consternés à l'idée que la Commission envisage de proposer, mercredi 22 avril, une réforme de la procédure européenne d'autorisation des OGM importés dans l'UE afin de laisser aux États membres le choix d'accepter ou de refuser la commercialisation de ces OGM sur leur territoire (EUROPE 11291).
Dans un communiqué, Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogeca (organisations agricoles européennes), « met en garde la Commission contre les impacts économiques et sociaux de cette proposition qui menacerait gravement le marché intérieur des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, avec à la clé d'importantes pertes d'emplois et des investissements moindres dans la chaîne agro-alimentaires dans les pays qui feraient usage de leur droit d'opt out ». Cela conduirait à de graves distorsions de concurrence pour tous les partenaires de la chaîne agro-alimentaire.
Ces derniers considèrent que la bonne mise en oeuvre de la législation existante devrait constituer la priorité de la Commission avant d'envisager plus avant de modifier la procédure d'autorisation. Une procédure d'autorisation d'importation 'à la carte', telle qu'envisagée par la Commission, serait en contradiction avec les exigences de base des Traités et conduirait à une profonde remise en cause des priorités politiques de la Commission en matière d'emploi et de croissance, et de l'agenda pour une réglementation plus intelligente, font-ils valoir.
Aussi appellent-ils la Commission à jouer son rôle de gardienne des Traités en rejetant cette approche qui, selon eux, saperait les avancées économiques qu'ont permises l'Union douanière et le marché intérieur. Sont signataires de cet appel le Copa-Cogeca, COCERAL (commerce de céréales), FEDIOL (industriels des oléoprotéagineux), FEFAC (alimentation animale), UECBV (commerce du bétail), AVEC (commerce de la volaille), Europabio, Starch Europe, FERM (Federation of European Rice Millers), ESA et Unistock Europe. (Aminata Niang)