Bruxelles, 23/01/2015 (Agence Europe) - Pour leur première réunion de l'année et sous Présidence lettone, les ministres européens de l'Agriculture débattront, lundi 26 janvier, de l'évolution des marchés, y compris l'impact de l'embargo russe. L'avenir du secteur du sucre est également à l'ordre du jour, à la demande de l'Italie.
Le ministre letton de l'Agriculture, Janis Duklavs, présentera son programme pour le semestre. Les priorités de la Présidence sont: - privilégier la simplification de la politique agricole commune (PAC) réformée ; - poursuivre les travaux sur la proposition relative à l'agriculture biologique afin de dégager une orientation générale au Conseil (en mai) en vue d'entamer les négociations avec le Parlement ; - suivre l'évolution des marchés agricoles, y compris les effets de l'interdiction russe sur les importations de produits agricoles de l'UE.
En ce qui concerne les questions alimentaires et vétérinaires, la Présidence entend: - faire progresser les travaux en vue d'aboutir à un accord avec le Parlement sur la proposition législative relative à la santé animale ; - poursuivre les travaux sur une approche plus intégrée et horizontale concernant les contrôles officiels afin de dégager un compromis entre les États membres en vue d'entamer les négociations avec le Parlement ; - poursuivre les discussions sur le texte de compromis concernant une approche harmonisée des mesures de protection contre les organismes nuisibles aux végétaux ; - entamer l'examen de la nouvelle proposition concernant les engrais ; - parachever les travaux concernant les nouveaux aliments.
Effets de l'embargo russe
Un questionnaire a été préparé par la Présidence en vue d'une discussion sur la situation des marchés agricoles. Les ministres devront notamment signaler quelles sont leurs « principales priorités pour de nouvelles mesures », sur la base d'une évaluation précise des « effets respectifs de l'embargo russe en tant que tel et d'autres facteurs éventuels ».
Au-delà des mesures déjà prises par la Commission, les États membres ont fait part ces dernières semaines de leurs préoccupations pour trois secteurs, rappelle la Présidence lettone dans une note.
Pour le porc, plusieurs d'entre eux (dont la France) demandent l'instauration d'aides au stockage privé. Pour les fruits et légumes, certains réclament une compensation des pertes de revenu des producteurs (aubergines, pommes de terre, choux et oignons notamment) et souhaitent que les exploitants individuels reçoivent la même aide que celle octroyée aux organisations de producteurs en cas de retrait du marché (autre que pour la distribution gratuite). Pour le lait, certains États membres demandent que les pertes des éleveurs soient atténuées, entre autres en autorisant le paiement du superprélèvement en plusieurs tranches sans intérêts, précise la Présidence.
Voici une liste des mesures déjà prises après que la Russie a introduit, en 7 août 2014 et pour une durée d'un an, une interdiction d'importation d'un certain nombre de produits agricoles de l'UE: - mesures d'urgence (le 11 août 2014 pour les pêches et les nectarines, le 18 août 2014, pour certains fruits et légumes périssables) ; - mesures exceptionnelles (le 29 septembre 2014) étendues aux agrumes ; - le 19 décembre 2014, le mécanisme a été prorogé jusqu'en juin 2015, en prévoyant des volumes spécifiques de janvier à juin 2015 pour les douze États membres qui exportent le plus de fruits et légumes vers la Russie ; - le 28 août 2014, mesures de stockage privé pour beurre, lait écrémé en poudre et certains fromages (le 22 septembre 2014, la mesure d'aide au stockage privé a été abandonnée pour le fromage) ; - le 3 septembre 2014, affectation, à partir de 2015, de 30 millions d'euros supplémentaires pour des programmes de promotion ; - une série de mesures compensatoires ont été accordées par la Commission aux producteurs de lait dans les pays Baltes (28 millions d'euros) et en Finlande (10,7 millions d'euros).
Sucre, l'Italie tire la sonnette d'alarme
L'Italie compte demander à la Commission européenne d'« ouvrir, dès maintenant, un débat à haut niveau et approfondi » sur la situation inquiétante du secteur de la betterave et du sucre et d'« évaluer la possibilité de prendre des mesures extraordinaires afin d'assurer une transition en souplesse en vue de la fin des quotas en 2017 ». Dans une note, l'Italie souligne que les prix du sucre dans l'UE ont chuté de 38,6% entre janvier 2013 et octobre 2014 (de 738 €/tonne à 453 €/t) et devraient, selon les prévisions de la Commission, tomber à 408 €/t à l'échéance des quotas. Une situation dont les conséquences négatives seront « considérables » dans certains États membres, dont l'Italie. « L'industrie du sucre n'aura plus la possibilité d'assurer un prix durable pour la betterave, avec le risque que les usines ne disposent pas de la matière brute leur permettant de fonctionner d'une manière compétitive », avertit l'Italie, qui souligne « la nécessité d'assurer une transition responsable vers le nouveau système de production sans quotas qui débutera le 1er octobre 2017 ». (LC)