Athènes, 23/01/2015 (Agence Europe) - Alors que 9,8 millions de Grecs se rendent aux urnes dimanche 25 janvier pour élire un gouvernement, Alexis Tsipras a lancé un appel aux indécis - ils seraient environ 10% - pour lui donner un mandat clair.
M. Tsipras, s'exprimant lors d'une conférence de presse vendredi 23 janvier, a demandé aux Grecs de lui donner « la majorité absolue » afin qu'il ait « les mains libres » pour négocier avec l'eurozone notamment sur la réduction de la dette. Syriza a consolidé son avance sur le parti du Premier ministre sortant, la Nouvelle démocratie, de cinq points de pourcentage. Certains sondages voient même cet écart encore plus grand.
Il semble toutefois clair que Syriza, le parti de M. Tsipras, n'obtiendra pas sur la dette davantage que n'a déjà négocié le Premier ministre sortant, Antonis Samaras. Les mesures de réduction de dette que l'eurozone acceptera sont limitées (voir autre nouvelle) et les plus réticents sont déjà convaincus, comme l'a montré le Premier ministre finlandais, Alexander Stubb, depuis Davos. La Finlande, bientôt en période électorale également, avait fait part de ses desiderata sur le temps de l'extension du programme grec afin que le dossier grec ne vienne pas perturber ses élections, elle qui a négocié des garanties pour le remboursement des prêts avec Athènes.
« La position finlandaise est que nous traiterons avec n'importe quel gouvernement démocratiquement élu de la Grèce et qu'il sera difficile d'effacer des prêts ou de restructurer la dette à ce moment particulier », a dit M. Stubb, cité par le Financial Times. L'eurozone peut toutefois examiner différents types d'extensions des maturités des prêts, a dit M. Stubb, toujours cité par le FT.
Vendredi, Alexis Tsipras a promis que la Grèce récupérerait sa dignité et ne serait plus « gouvernée par des e-mails envoyés par du personnel de l'UE de seconde zone». Il a également laissé entendre qu'il ne respecterait pas les engagements signés par le précédent gouvernement.
Le même jour, dans une interview à EuroInsights, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a dit qu'un nouveau gouvernement devrait être « conscient des engagements de l'État ».
Tous les partis qui auront 3% des votes seront représentés au Parlement national et le premier parti bénéficiera d'un bonus de cinquante sièges supplémentaires. Si un parti n'a pas la majorité absolue, celui qui aura obtenu le plus de votes aura trois jours pour tenter de former un gouvernement. (EL)