Bruxelles, 23/01/2015 (Agence Europe) - Le PDG d'Uber, Travis Kalanick, a tenté une opération de séduction à la Commission européenne, vendredi 23 janvier. Il n'a toutefois pas obtenu de garantie qu'une action européenne coordonnée serait entreprise pour régulariser l'application de réservation de chauffeurs privés dans les métropoles européennes (où elle n'est pas bien accueillie par les chauffeurs de taxis).
Plusieurs pays ou villes européennes ont interdit l'application Uberpop, notamment en raison de concurrence déloyale. Le patron de la start-up américaine a donc souhaité rencontrer la commissaire européenne aux Transports, Violeta Bulc, et le vice-président chargé de la Stratégie numérique, Andrus Ansip. Ce dernier a fait savoir que la réunion s'était bien déroulée et que tous partageaient le principe selon lequel le numérique est le moteur de l'innovation. M. Ansip a précisé, sur son compte Twitter, que « nous avons besoin d'un bon fonctionnement du marché unique numérique, sans discrimination, mais dans le respect de la loi ».
Toutefois rien de concret ne serait ressorti de cette première prise de contact, explique une source proche du dossier. Le patron d'Uber aurait suggéré aux autorités européennes de traiter l'entrée de cette nouvelle application sur le marché du transport selon un nouveau paradigme, celui du partenariat et de la transformation urbaine. S'il n'obtient pas une action concertée au niveau européen, M. Kalanick négocierait alors ses services au cas par cas avec les villes européennes participantes, a rapporté cette source européenne.
La Commission européenne ne serait en théorie pas opposée à déterminer une stratégie à plus large échelle à l'égard de l'application. Mais l'exécutif est toutefois pris en tenaille entre plusieurs principes. D'une part, la Commission veut soutenir le développement de nouveaux services de mobilité et reconnaît l'importance de l'économie du partage (meilleure usage des ressources, interaction sociale, alternatives moins onéreuses aux services). Mais, d'autres part les États membres sont seuls compétents en matière de services de taxis et la Commission leur recommande de bien respecter les principes européens de non-discrimination, de proportionnalité et de liberté d'établissement. Ceux-ci risquent de se contredire dans le cas de la présence d'Uber sur le marché des services de taxis (très régulé mais pas harmonisé). Somme toute, la Commission serait à ce stade plus encline à observer l'évolution du modèle d'affaire d'Uber et les bonnes pratiques qui pourraient se développer dans diverses villes européennes, explique cette source européenne. (MD)