login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11163
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Un ministre de la Défense à l'Immigration: une image à corriger ou à incarner

Bruxelles, 25/09/2014 (Agence Europe) - Un ministre de la Défense pour gérer les migrations vers l'UE, qui plus est issu d'un pays déjà condamné par la Cour européenne des droits de l'homme pour avoir mal traité des demandeurs d'asile. C'est cette image, caricaturale, que devra corriger ou, au contraire, incarner le Grec Dimitris Avramopoulos, qui rencontrera mardi 30 septembre les eurodéputés de la commission des libertés civiles du PE. Nommé par Jean-Claude Juncker au portefeuille Migration et Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos a déjà pour lui le bénéfice de l'expérience: l'actuel ministre de la Défense grec, né en 1961, a été maire d'Athènes entre 1995 et 2002, puis a occupé plusieurs postes ministériels, comme ceux du Tourisme entre 2004 et 2006, de la Santé entre 2007 et 2009, de la Défense en 2011 et des Affaires étrangères entre 2012 et 2013.

Mais de grands défis sont à relever: nommé alors que se multiplient les naufrages et les décès en Méditerranée et que le nombre de migrants clandestins atteint des records depuis 2008, le Grec aura à incarner la promesse du président Juncker qui souhaitait créer un poste de commissaire spécialement en charge de la Migration pour lui donner davantage de lisibilité. Il devra en outre répondre à des attentes aussi nombreuses que diverses: le groupe PPE a ainsi déjà fait savoir par la voix de certains membres, notamment français, qu'il attendait de lui une politique ferme vis-à-vis de l'immigration clandestine et même une réforme de l'espace Schengen, ont dit Rachida Dati et Brice Hortefeux. Mais, du côté des sociaux-démocrates ou des Verts, l'on souhaite que l'UE rompe avec une image d'Europe-forteresse et s'engage davantage sur les voies légales de la migration.

La présentation, le 10 septembre, par M. Juncker des attributions de M. Avramopoulos n'a, en ce sens, pas tout à fait rassuré l'eurodéputée socialiste française Sylvie Guillaume, comme elle l'a écrit sur son site web le 12 septembre. « [...] la fonction de commissaire chargé de la migration a été créée afin de fixer les priorités d'une nouvelle politique migratoire qui luttera efficacement contre l'immigration clandestine tout en faisant de l'Europe une destination attrayante pour les meilleurs talents », indiquait Jean-Claude Juncker.

« Comment une politique migratoire ambitieuse et globale peut-elle se limiter à mettre en balance la lutte contre l'immigration irrégulière et l'admission des seuls travailleurs hautement qualifiés ? Comment M. Avramopoulos comptera-t-il également donner corps au principe de solidarité qui, jusqu'ici, reste à l'état déclaratoire ? », s'est demandée l'élue socialiste, par ailleurs sceptique quant à la symbolique véhiculée par le choix d'un ministre de la Défense à ce poste.

La lettre de mission adressée à Dimitris Avramopoulos, rédigée par M. Juncker, n'accrédite en tout cas pas forcément la thèse de l'Europe-forteresse. Si elle place en effet la gestion de la migration comme priorité notamment pour combler les manques de main-d'oeuvre ou sécuriser les frontières, il est également important de bien mettre en oeuvre le paquet 'Asile' qui a quelque peu amélioré le sort des demandeurs d'asile en Europe. Le Luxembourgeois propose aussi que l'UE se dote de réponses aux situations d'urgence, comme c'est actuellement le cas avec les réfugiés syriens.

Mais l'heure de vérité sera pour mardi. Les députés scruteront le Grec et lui demanderont, entre autres, s'il juge l'arsenal législatif actuel suffisant pour répondre aux multiples défis, entre migration et menaces terroristes. D'autres questions urgentes devront trouver une réponse, selon le projet de questions préparées par les coordinateurs, comme celles concernant la directive sur la rétention des données, dans le flou depuis que la Cour de justice l'a invalidée. Mais le Grec devra s'attendre à bien d'autres sollicitations, les eurodéputés ayant trois heures pour lui poser au total 45 questions. (SP)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL - CULTURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
AFFAIRES & ENTREPRISES N° 118