Bruxelles, 22/09/2014 (Agence Europe) - Les jeunes diplômés qui ont acquis des compétences et une expérience à l'étranger grâce au programme Erasmus ont sensiblement plus de chances et de meilleures aptitudes que les étudiants non mobiles pour trouver un emploi et pour accéder à des postes de responsabilité dans leur pays d'origine ou à l'étranger. Ils sont par ailleurs plus nombreux à vouloir créer leur propre entreprise et ont une plus grande propension à aller vivre à l'étranger ou à partager leur vie avec une personne d'une autre nationalité.
Telles sont les principales conclusions qui émergent d'une nouvelle étude d'experts indépendants effectuée dans 34 pays européens, présentée lundi 22 septembre par la commissaire européenne à la Culture, à l'Éducation, au Multilinguisme et à la Jeunesse, Androulla Vassiliou, et mesurant l'impact du programme d'échange d'étudiants et d'enseignants Erasmus sur la capacité d'insertion professionnelle et les compétences des étudiants et sur leur propension à aller vivre et travailler à l'étranger. Ainsi, en ce qui concerne l'employabilité des diplômés, il ressort notamment de l'étude que: - plus de 85% des étudiants Erasmus vont étudier ou se former à l'étranger dans le but d'améliorer leur employabilité à l'étranger (un stagiaire sur trois se voit offrir un emploi dans l'entreprise d'accueil), d'autres buts poursuivis étant d'évoluer dans un autre milieu ou d'améliorer leurs compétences linguistiques ou transversales (voir ci-dessous); - leur probabilité de devenir chômeurs de longue durée est deux fois moindre par rapport aux étudiants non mobiles et leur taux de chômage cinq ans après l'obtention de leur diplôme est inférieur de 23% à celui de leurs camarades qui sont restés étudier dans leur pays. D'après l'étude, en effet, leur séjour à l'étranger leur aurait donné des compétences susceptibles de déboucher sur un emploi supérieures en moyenne à celles de 70% de tous les autres étudiants et améliorant de 42% leur employabilité par rapport à ces derniers. Par ailleurs, du côté des employeurs, il apparaît que: - 92% recherchent chez les postulants des compétences transversales (curiosité, aptitude à résoudre des problèmes, tolérance, ouverture d'esprit, confiance en soi) qui sont précisément renforcées par Erasmus ; - 64% d'entre eux voient dans l'expérience internationale un atout important pour le recrutement ; - 64% estiment qu'une expérience internationale ouvre la voie à davantage de responsabilités dans l'entreprise.
D'après l'étude, Erasmus développerait l'esprit d'entreprise: près d'un stagiaire Erasmus sur dix ayant effectué un stage à l'étranger crée sa propre entreprise et trois sur quatre l'envisagent. Enfin, il ressort de l'étude que 40% des ex-étudiants Erasmus contre 23% seulement d'étudiants non Erasmus se sont établis à l'étranger, 93% envisagent de le faire (contre 73%) et 33% (contre 13%) vivent avec une personne de nationalité différente, dans 27% des cas rencontrés lors d'un séjour à l'étranger.
Mme Vassiliou a souhaité que le même bilan positif se retrouve dans le nouveau programme Erasmus + doté d'un budget de 14,2 milliards d'euros pour la période 2014-2020. Ce nouveau programme devrait donner la possibilité de séjourner à l'étranger à environ 4 millions de personnes (2 millions d'étudiants du supérieur, 650 000 de l'enseignement inférieur et professionnel, 800 000 membres du personnel enseignant, 500 000 jeunes dans le cadre du volontariat) dans le cadre d'échanges ou de partenariats aussi avec des pays tiers non européens et offrir des cautions de prêts à plus de 200 000 étudiants de master. (FG)