Bruxelles, 22/09/2014 (Agence Europe) - La BCE a publié, lundi 22 septembre, une décision mettant en oeuvre la séparation entre sa politique monétaire et ses futures fonctions de supervision bancaire qu'elle assumera à partir de novembre dans le cadre du volet 'supervision' de l'union bancaire.
Annonçant la publication de cette décision lors d'un dialogue monétaire avec la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, son président, Mario Draghi, a fait savoir que cette séparation allait aussi être concrétisée en séparant physiquement les équipes chargées de la politique monétaire, qui iront dans les nouveaux locaux de la BCE situés à Frankfurt Ostend, et celles chargées de la supervision bancaire, qui demeureront dans le centre-ville de la place financière allemande.
Le 4 novembre, la BCE assumera le rôle de superviseur de 119 banques d'importance systémique dans la zone euro, une fois qu'elle aura publié les résultats de son évaluation de la solidité du secteur bancaire européen à laquelle elle procède avec l'Autorité bancaire européenne (ABE) (EUROPE 11148). En son sein, un comité unique de supervision aura la responsabilité de mener les tâches de supervision bancaire. Ses décisions devront être endossées ou rejetées par le Conseil des gouverneurs, l'organe de la BCE chargé de la politique monétaire et le seul à adopter des décisions au nom de l'Institut monétaire de Francfort.
M. Draghi est revenu sur le lancement, la semaine dernière, de l'opération 'TLTRO' d'injection massive de liquidités bon marché à laquelle ont répondu plus de 250 entités financières, issues surtout du sud de l'Europe, à hauteur de 82,6 milliards d'euros (EUROPE 11158). Il a demandé d'attendre l'opération de décembre pour effectuer une analyse combinée de l'opération.
ABS. L'ancien gouverneur de Banca d'Italia a également estimé que l'impact de l'opération 'TLTRO' devra être apprécié au regard des autres initiatives de la BCE pour faire remonter l'inflation, à savoir la revitalisation d'un programme de rachat massif de titres adossés à actifs (ABS) qui sera précisé en octobre. « Il existe un préjugé vis-à-vis des ABS » qui est dû au rôle pervers que ces titres ont joué dans la crise financière de 2008, a-t-il estimé. Selon lui, il convient de bien distinguer les ABS « transparents, simples et réels » de ceux qui sont opaques et difficiles à évaluer. « Nos ABS sont simples puisqu'on peut voir ce qu'ils contiennent. Nous n'achetons que les tranches prioritaires », a poursuivi M. Draghi, constatant que, lors de la crise financière, le taux de défaut en Europe des ABS avait été de « 0,12% » contre « 22% » au États-Unis. Il a réitéré que la BCE rachèterait uniquement des titres ABS de qualité optimale (tranche 'senior') grâce notamment à « un registre » qu'elle a mis au point et qu'elle ne toucherait pas à ceux de qualité moindre (tranche 'mezzanine') si les États n'apportent pas de garanties publiques (EUROPE 11155). Et d'estimer que ce programme ne nourrira pas forcément une nouvelle bulle immobilière dans la mesure où les banques qui allégeront leurs bilans en transférant à la BCE des titres ABS basés sur des crédits immobiliers ne rachèteront pas forcément des crédits identiques.
Plusieurs eurodéputés ont pris le contre-pied de la politique monétaire actuelle, estimant que le problème principal de l'économie européenne était davantage un déficit de demande. (MB)