Bruxelles, 25/08/2014 (Agence Europe) - Le nouveau président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a souhaité, lundi 25 août, dans un entretien accordé au quotidien autrichien Der Kurier, que le nouveau collège de commissaires européens entre comme prévu en fonction le 1er novembre.
M. Juncker a exprimé ce souhait alors qu'il peine à finaliser son équipe. En effet, la Belgique doit encore désigner son candidat au poste de commissaire (Didier Reynders et Marianne Thyssen sont en lice) et le poste de Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères reste à pourvoir.
À quelques jours du Conseil européen du 30 août, qui doit notamment trancher entre les prétendants déclarés à la succession de Catherine Ashton que sont l'Italienne Federica Mogherini, le Polonais Radislaw Sikorski ou la Bulgare Kristalina Georgieva (Mariano Rajoy aurait aussi proposé à ce poste son candidat à la Commission Miguel Arias Canete selon le Wall Street Journal), M. Juncker a encore demandé aux États membres de faire un effort en termes de représentation féminine et, donc, de lui envoyer des candidates féminines. Seulement 4 femmes ont été jusqu'ici désignées par leur gouvernement: la Suédoise Cecilia Malmström, l'Italienne Federica Mogherini, la Bulgare Kristalina Georgieva et la Tchèque Vera Jourova. Le collège des commissaires durant le second mandat de José Manuel Barroso compte pour sa part neuf femmes.
Cette faiblesse numérique dans la nouvelle Commission de M. Juncker pourrait toutefois être compensée par l'importance des postes qui seront offerts aux commissaires féminines, a expliqué M. Juncker. En effet, d'ambitieux portefeuilles pourraient être confiés à des femmes. Compte tenu de ces différents paramètres, l'ex-patron de l'Eurogroupe sera en tout cas seulement en mesure de former son équipe une à deux semaines après le Conseil européen 30 du août, a-t-il expliqué au journal autrichien.
Autres précisions: le Luxembourgeois a confirmé qu'il songeait à créer un poste de vice-président en charge de la coordination de la croissance et du paquet investissement de 330 milliards d'euros annoncé en juillet. Un poste qui intéresse notamment la France. « Je pourrais aussi envisager qu'un vice-président évalue et coordonne les stratégies budgétaires, économiques et les politiques d'emploi des États membres et tente de mieux les concilier avec la dimension sociale », a dit Jean-Claude Juncker. « Ce commissaire pourrait présenter les recommandations de la Commission devant les parlements nationaux et faire en sorte que les réactions des députés nationaux soient intégrées aux travaux ultérieurs de la Commission », a-t-il précisé.
Dans un communiqué, le président du groupe ADLE au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a déjà jugé que la future Commission européenne dans sa configuration actuelle ne respectait pas les attentes du Parlement européen ainsi que celles de la famille libérale européenne. Revendiquant pour sa famille une représentation dans les différents 'top jobs' au nom de l'alliance entre le PPE, le PSE et l'ADLE qui a permis de soutenir M. Juncker lors de son élection par le Parlement européen, Guy Verhofstadt déplore encore le déséquilibre politique, la famille PPE étant, selon lui, surreprésentée au sein de la Commission, ainsi que le déséquilibre hommes-femmes. À ce stade, cette Commission « est inacceptable pour nous », a mis en garde M. Verhofstadt. (SP)