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Bulletin Quotidien Europe N° 11139
Sommaire Publication complète Par article 11 / 22
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) espace

échec coûteux pour la mise en orbite des satellites Galileo

Bruxelles, 25/08/2014 (Agence Europe) - Nouveau coup dur pour Galileo, le projet européen sensé remplacer le système GPS américain. Après un lancement réussi des cinquième et sixième satellites de la constellation, vendredi 20 août, la mise en orbite, trois heures plus tard, ne s'est pas effectuée comme prévu.

Arianespace et l'Agence spatiale européenne sont appelées au rapport par la Commission européenne. L'erreur pourrait coûter 150 millions d'euros au budget communautaire.

L'étage supérieur du lanceur russe Soyouz aurait placé les deux satellites sur une autre trajectoire, a admis Arianespace, samedi 22 août, parlant d'une « anomalie d'injection des satellites ». En effet, au lieu de suivre une orbite circulaire, inclinée à 55 degrés et avec un demi grand axe de 29 900 kms, les satellites européens suivraient dorénavant une orbite elliptique avec un demi grand axe de 26 200 kms et une inclinaison de 49,8 degrés. Le PDG d'Arianespace, Stéphane Israël, a immédiatement communiqué vouloir faire « toute la lumière sur cette anomalie ».

Réagissant à ce lancement « très malheureux », le commissaire européen à l'Espace, Ferdinando Nelli Feroci, a indiqué que la Commission européenne avait requis une enquête à Arianespace et à l'Agence spatiale européenne « pour comprendre les causes de l'incident et vérifier la possibilité de pouvoir utiliser ces satellites pour le programme Galileo ». Un rapport préliminaire devrait être rendu mi-septembre en vue d'un rapport complet d'ici à deux mois. Des mesures correctives à l'encontre d'Arianespace sont évoquées, afin qu'un tel scénario ne se représente pas lors de prochain lancement. Au total, une dizaine d'autres lancements sont prévus d'ici à 2020.

Après un lancement raté à 70 millions d'euros, les satellites, d'une valeur de 40 millions d'euros chacun, fonctionnent toutefois correctement. Cependant, si leur mauvais positionnement les rend inutilisables pour le programme Galileo, il s'agirait alors d'un investissement de 150 millions d'euros perdu pour l'UE. Le programme, censé assurer l'indépendance spatiale de l'UE, avait déjà essuyé plusieurs revers avec l'accumulation de retards et des surcoûts depuis 2008. (MD)