Bruxelles, 07/01/2014 (Agence Europe) - « Il n'y aura pas d'effacement de la dette [de la Grèce]», a indiqué le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling, dans une interview publiée, mardi 7 janvier, sur le site de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Il répondait ainsi au vice-président du gouvernement grec, Evangelos Venizelos, qui estimait ce week-end, dans les colonnes de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qu'il y avait « des possibilités et de la marge pour améliorer la structure des dettes grecques, en allongeant par exemple le délai de paiement et en baissant les taux ». M. Regling exclut ces possibilités, estimant les marges pour de nouvelles concessions de la part des créanciers de la Grèce «extrêmement limitées ». D'une part, les taux sur les prêts du fonds de sauvetage, principal créancier, ne peuvent être réduits davantage (ils sont un peu supérieurs à 1,5% pour des prêts consentis sur 30 ans et les intérêts pour les 10 ans à venir ont été ajournés, « ce qui équivaut sur le plan économique à un effacement de la dette »). D'autre part, « le FMI ne changera pas fondamentalement ses conditions ». Néanmoins, une petite marge de manoeuvre pourrait exister en ce qui concerne « les prêts bilatéraux du premier plan d'aide », mais les décisions devraient être prises par les pays qui ont accordé ces prêts.
Cette réponse à M.Venizelos, qui ventilait l'hypothèse d'une possible chute de son gouvernement et d'une accession au pouvoir de forces anti-européennes en cas de fin de non-recevoir à ses demandes de réaménagement des conditions de remboursement des prêts, est symptomatique de l'incompréhension qui s'est instaurée entre les deux parties et de l'amertume qui prévaut du côté grec. Ainsi, répondant à un questionnaire élaboré par le Parlement européen sur les résultats du programme d'aide à la Grèce, le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, juge sévèrement les erreurs de la troïka et de la Commission qui ont aggravé la crise dans son pays, malgré les efforts accomplis. Il pointe notamment: - les erreurs initiales dans le diagnostic des causes profondes de la crise en Grèce et dans les pays du sud, notamment le creusement des déficits extérieurs ; - le retard et le caractère intenable du premier programme d'assistance, lancé en 2010, alors que la Grèce était déjà en crise, en raison de ses conditions trop drastiques: l'exigence de ramener le déficit public de 13,6% du PIB en 2009 à un excédent en moins de 3 ans a eu des effets récessifs considérables qui ont propulsé la dette publique jusqu'à 175% du PIB en 2013, malgré les efforts consentis ; - les prévisions trop optimistes de la Commission quant à un retour de la croissance en Grèce en 2012, alors que le pays affichait encore une récession de 4% en 2013 ; - le calendrier trop serré accordé au gouvernement dans le programme d'aides (7 mois pour effectuer des réformes tous azimuts, alors qu'elles auraient normalement dû s'étaler sur des années). (FG)