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Bulletin Quotidien Europe N° 10991
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) soudan du sud

L'UE appelle à la cessation immédiate des hostilités

Bruxelles, 07/01/2014 (Agence Europe) - Cessez-le-feu et libération des prisonniers politiques sont, de l'avis de l'UE, les deux priorités immédiates au Soudan du Sud et les deux exigences qu'elle a formulées, mardi 7 janvier, à l'heure où les combats continuaient tandis que les pourparlers de paix entre le gouvernement de Juba et la rébellion conduite par l'ex-vice-président Machar se poursuivaient laborieusement à Addis Abeba sous l'égide de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Le même jour, Alexander Rondos, représentant spécial de l'UE pour la Corne de l'Afrique, de retour de la région, en appelait, à Bruxelles, à la responsabilité politique des belligérants pour mettre un terme à ce cycle de violence afin d'éviter un risque de partition du Soudan du Sud et de permettre l'accès humanitaire dans un pays ravagé par les combats depuis le 15 décembre, dont la situation humanitaire est « catastrophique ». Plus de 628 000 personnes ont actuellement besoin d'assistance humanitaire immédiate.

« Sur le terrain, la situation est très fragile. Un conflit politique qui n'a pas été contenu dans le domaine politique est devenu violent et, ce faisant, s'est ethnicisé. S'il n'est pas ramené à la normalité politique, la tendance vers l'inévitable division du pays selon des lignes ethniques ne pourra être empêchée. L'empêcher est une absolue nécessité », a averti M. Rondos devant la presse, en pointant l'énorme responsabilité des dirigeants. « Ceux qui ont déclenché ces violences doivent être en mesure de démontrer qu'ils dirigent, sinon le crime commis se double d'un crime par omission », a-t-il ajouté, précisant qu'il incombe aussi aux responsables politiques de trouver des arrangements pour permettre l'accès humanitaire.

La cessation des hostilités par un accord formel et le début d'un dialogue politique inclusif et crédible dans le pays sont les objectifs poursuivis par l'IGAD auxquels l'UE souscrit pleinement et les deux questions fondamentales sur la table sur lesquelles des décisions doivent être prises très rapidement, a indiqué Alexander Rondos. « Si certains politiciens crédibles sont détenus, ce dialogue ne sera pas crédible. C'est dans l'intérêt du gouvernement du Sud Soudan de veiller à la libération de ces personnes pour les autoriser à permettre ce dialogue. Ce n'est plus une question de légalisme, c'est une question de survie pour le pays et de bonne volonté. En deux ans et demi, ils ont échoué à la démontrer. S'il y a la moindre réticence à en faire preuve, viendra le moment où les responsables seront comptables de leurs actes », a-t-il fait observer. Et de mettre en garde contre un risque que le Soudan du Sud, jeune État indépendant depuis juillet 2011 seulement, ne se transforme déjà en État failli, comme la Somalie.

Depuis le 15 décembre, les combats ont déjà fait un millier de morts et plus de 200 000 personnes déplacées dont 62 000 environ ont trouvé refuge dans les bases de l'ONU, mais il existe un risque de choléra. Il est à craindre que les violences aient touché des centaines de milliers de personnes supplémentaires dans les zones actuellement inaccessibles pour les organisations humanitaires. Si ces combats ne cessent pas, on estime qu'on pourrait compter plus de 400 000 personnes déplacées à la fin mars 2014. L'insécurité causée par les combats entrave l'accès humanitaire et empêche le retour chez elles des personnes déplacées.

Pour 2014, la Commission avait prévu 50 millions d'aide humanitaire pour faire face à cette crise (ces fonds s'ajoutant aux 160 millions mobilisés en 2012/2013) mais les besoins en nourriture, eau potable, soins de santé, installation d'assainissement de base et hygiène, protection des populations, pourraient excéder ce montant. Le 2 janvier, Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, avait appelé toutes les parties au conflit à « garantir à toutes les personnes dans leurs zones de contrôle le plein accès aux travailleurs humanitaires ». Alarmée par les rapports faisant état de violations des droits de l'homme, elle avait rappelé que « tous les responsables d'abus systématiques et ciblés seraient comptables de leurs actes ». (AN)

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