Bruxelles, 07/01/2014 (Agence Europe) - Le chef de la délégation d'eurodéputés chargée d'évaluer les travaux de la troïka, l'Autrichien Othmar Karas (PPE), a estimé, mardi 7 janvier à Lisbonne, que le Portugal pourrait mettre fin à son programme le 17 mai prochain, « juste avant les élections européennes », rapporte l'agence Lusa.
L'eurodéputé autrichien, co-rapporteur du Parlement sur les travaux de la troïka avec le socialiste français Liêm Hoang Ngoc, s'exprimait à l'issue d'une inspection d'un jour et demi dans le pays, inspection au cours de laquelle les députés devaient rencontrer plusieurs officiels portugais dont l'ancien Premier ministre Socrates, le gouverneur de la Banque centrale portugaise ou l'actuelle secrétaire d'État aux Finances, Maria Luisa Albuquerque.
« Je suis convaincu que le Portugal peut terminer le programme le 17 mai 2014, une semaine avant les élections européennes », a affirmé le député. « Nous sommes maintenant mieux préparés que nous l'étions dans le passé » pour résoudre les problèmes issus de la crise, a dit l'Autrichien. Le Portugal, qui doit officiellement sortir de son programme en juin mais qui étudie la possibilité de se voir octroyer par précaution une ligne de crédit pour accompagner son retour sur les marchés, « montre des signes de reprise économique », a-t-il ajouté. Reconnaissant les sacrifices nombreux qui ont été demandés aux Portugais, le rapporteur a encore estimé qu'il « n'y a pas de solution unique » et que « nous avons besoin de trouver un équilibre entre l'assainissement budgétaire, les réformes structurelles et les initiatives pour la croissance et l'emploi ».
Cette première visite des pays sous programme - les députés se rendront en fin de semaine à Chypre puis en Irlande les 16 et 17 janvier et encore en Grèce, « toujours en janvier », selon le porte-parole de M. Karas - s'inscrit dans un contexte de tensions autour du rôle à conférer au Parlement dans les programmes de sauvetage. Si les eurodéputés semblent trouver entre eux plus ou moins un consensus sur la nécessité d'accroître la transparence des travaux de la troïka, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schauble, a lui fait savoir, en début de semaine, qu'il ne souhaitait pas renforcer le rôle du PE dans ces processus, dit une source, alors qu'en Grèce, le ministre Evangelos Venizelos s'est prononcé ce week-end pour « un plus grand rôle du PE ». Othmar Karas plaide lui en faveur d'une codécision.
Cette inspection des pays sous programme s'inscrit cependant dans un processus plus long qui sera agrémenté par les auditions des principaux responsables, à savoir la Commission européenne, la BCE ou encore Klaus Regling, le directeur du MES. Les recommandations du Parlement seront ensuite mises au vote en mars et en avril. Les députés doivent encore fixer d'ici là leur date d'évaluation de la Grèce. Initialement prévue cette semaine, la visite de la délégation ECON a été repoussée « pour des raisons d'agenda de part et d'autre ». Mais cette inspection « se fera en janvier », a assuré Daniel Köster, porte-parole de M. Karas.
Celui-ci était à Lisbonne avec les députés Diogo Feio, José Manuel Fernandes, Elisa Ferreira, Ana Gomes, Marisa Matias, Nuno Melo, Liêm Hoang Ngoc, Nils Torvalds et Jürgen Klute. (SP)