login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10911
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

Le parlement britannique s'oppose à une intervention

Bruxelles, 30/08/2013 (Agence Europe) - Le parlement britannique s'est opposé, par 285 voix contre 272, le 29 août dans la soirée, à la motion défendue par le Premier ministre, David Cameron, qui proposait, entre autres, une intervention en Syrie en réponse à l'usage d'armes chimiques. M. Cameron s'est engagé à respecter le vote. « Il est clair que le parlement britannique ne veut pas d'intervention militaire britannique. Je prends note et le gouvernement agira en conséquence », a-t-il souligné. La motion condamnait « l'usage d'armes chimiques en Syrie le 21 août 2013 par le régime d'Assad » et convenait « qu'une réponse humanitaire forte est requise de la part de la communauté internationale, impliquant si nécessaire une action militaire qui soit légale, proportionnée et destinée à sauver des vies en empêchant tout usage futur d'armes chimiques en Syrie ». Le vote d'une seconde motion aurait été nécessaire pour une intervention, après la publication du rapport des inspecteurs de l'ONU sur cette attaque (EUROPE 10910).

Paris garde le cap. Le président français, François Hollande, a précisé que ce vote ne change rien à la position française. « Chaque pays est souverain pour participer ou non à une opération. Cela vaut pour le Royaume-Uni comme pour la France », a-t-il indiqué dans une interview au journal Le Monde, précisant qu'il aurait « un échange approfondi avec Barack Obama » le 30 août. « Le massacre chimique de Damas ne peut ni ne doit rester impuni », a expliqué le président. « Si le Conseil de sécurité est empêché d'agir, une coalition se formera. Elle devra être la plus large possible. Elle s'appuiera sur la Ligue arabe (…). Elle aura le soutien des Européens. Mais il y a peu de pays qui ont les capacités d'infliger une sanction par des moyens appropriés. La France en fait partie. Elle y est prête. Elle décidera de sa position en étroite liaison avec ses alliés », a-t-il ajouté.

Sébastien Brabant, le porte-parole de la Haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a expliqué que l'UE a pris note du débat au parlement et de la déclaration du Premier ministre britannique. « Mais il ne nous revient pas de commenter les débats internes », a-t-il ajouté.

Face à ce rejet, le secrétaire d'État américain à la Défense, Chuck Hagel, a expliqué que « notre approche est de continuer pour trouver une coalition internationale qui agira de concert ». Le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, a salué le rejet du parlement britannique, précisant qu'une intervention porterait atteinte « au système basé sur le rôle central des Nations unies et un sérieux coup (...) à l'ordre mondial ». (CG)