Bruxelles, 30/08/2013 (Agence Europe) - L'accélération du ballet diplomatique en réponse à la situation en Syrie relègue au second plan l'agenda économique du sommet du Groupe des Vingt plus grandes économies mondiales, qui aura lieu les jeudi 5 et vendredi 6 septembre à Saint-Pétersbourg (Russie).
Lors d'un point presse pré-sommet organisé par la Commission européenne, vendredi 30 août à Bruxelles, aucune question sur ce sujet n'était permise. « Le G20 est une enceinte où les questions de politique étrangère ne sont jamais évoquées », indiquait-on, sans écarter toutefois la possibilité que certains leaders évoquent la question syrienne en marge du sommet.
Les leaders mondiaux feront donc aussi le point de la situation économique internationale. Selon un haut fonctionnaire européen, l'Union européenne - qui sera représentée par les présidents de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, et du Conseil européen, Herman Van Rompuy - plaidera pour que le message transmis soit « un message destiné à stimuler la confiance » des acteurs économiques et du public en plaçant « la croissance » au centre des préoccupations, comme le souhaite le pays hôte. L'UE devrait sortir graduellement de la récession au 2ème semestre 2013, même si le chômage demeure à un niveau anormalement élevé, et poursuit son agenda de réformes budgétaires, économiques et financières.
Nous respectons nos engagements et nous obtenons des résultats, a souligné cette source. Alors qu'au dernier sommet du G20 de Los Cabos (Mexique) l'UE était empêtrée dans la lutte contre la crise de la dette souveraine, les Européens espèrent récolter les fruits de leurs efforts qui ont permis une stabilisation des marchés financiers, notamment à travers le lancement du processus d'« union bancaire ». « Nous nous attendons à ce que les leaders du G20 reconnaissent cela », a indiqué le haut fonctionnaire européen.
Focus sur les pays émergents. L'attention sera, cette fois, focalisée sur les pays émergents. Des pays comme l'Inde, le Brésil et la Turquie font actuellement l'objet d'une fuite massive de capitaux étrangers et leurs banques centrales interviennent massivement pour soutenir le cours de leur monnaie. Sont-ils juste « les victimes » de l'annonce de la FED américaine de revenir sur sa politique monétaire accommodante ou leurs problèmes dépassent-ils ce cadre, s'interroge-t-on à la Commission. En clair, pendant la longue période de croissance et d'afflux de capitaux étrangers, les pays émergents ont trop attendu avant de modifier leur modèle commercial par le biais de réformes structurelles difficiles visant à affronter des problèmes auxquels l'Europe s'est déjà attaquée.
Dans le domaine budgétaire, le G20 devrait adopter un plan d'action qui pourrait contenir des recommandations spécifiques par pays (EUROPE 10893 et 10894). Les négociations porteront sur le niveau de détail de ces recommandations et sur un éventuel calendrier de mise en œuvre. Même si un suivi des engagements est prévu, il n'existe au niveau du G20 de processus budgétaire aussi contraignant qu'en Europe.
Pour l'UE, le chemin parcouru en matière de réforme de l'architecture financière est immense, notamment sur la question des fonds propres bancaires (EUROPE 10910), des banques 'too big to fail', d'encadrement des produits dérivés et de contrôle des agences rating. Les discussions porteront cette fois sur le système bancaire parallèle ('shadow banking') sur la base de recommandations du Conseil de stabilité financière. Ces recommandations, qui seront accueillies favorablement par le G20, portent notamment sur la réduction des risques liés aux activités de cessions et de mise en pension de titres (marché 'repo').
Les leaders mondiaux devraient, par ailleurs, reprendre à leur compte les travaux internationaux menant à la généralisation de l'échange automatique d'informations dans le domaine fiscal et visant à lutter contre l'érosion de la base d'imposition et le transfert des bénéfices des multinationales.
Enfin, l'UE plaide pour que l'engagement - pris à Toronto mais non tenu - de ne pas adopter de mesures commerciales protectionnistes soit prolongé jusqu'à 2016. (MB)