Bruxelles, 30/08/2013 (Agence Europe) - Les membres de l'opposition ukrainienne ont appelé, le 29 août, les États membres de l'UE à approuver l'accord d'association. « Nous demandons aux pays européens de comprendre et d'approuver la décision sur l'accord d'association, non pas en se fondant sur le fait que le régime (du président ukrainien Viktor Yanoukovitch) remplisse toutes les conditions mais motivée par l'avenir de l'Ukraine dans sa relation avec l'Europe. La décision des leaders européens doit être fondée sur le futur de l'Europe », a souligné Oleh Tiahnybok (Svoboda), à l'issue de sa rencontre avec le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle.
Tout comme deux autres membres de l'opposition présents, issus de deux partis différents, Vitali Klitschko (UDAR) et Arseniy Yatseniuk (Batkivshyna), il a mis en avant l'importance de la signature de l'accord d'association entre l'UE et l'Ukraine. Pour eux, cette signature permettrait à l'Ukraine de devenir un membre à part entière de la famille européenne, d'un « large espace démocratique européen », a précisé Arseniy Yatseniuk. « Le futur de l'Ukraine est l'intégration européenne, c'est une priorité pour l'Ukraine », a expliqué M. Klitschko.
La veille, devant les députés européens, MM. Yatseniuk et Klitschko avaient déjà plaidé en faveur de la signature de l'accord. « Nous sommes conscients de l'importance cruciale de cet accord », a expliqué M. Klitschko, ajoutant que « le succès ou l'échec de l'accord n'aura pas seulement une incidence sur l'Ukraine mais aussi sur la situation de nombreux pays de la région ». « Géographiquement, nous sommes européens, historiquement aussi, nous avons une mentalité européenne mais un niveau de vie qui n'est pas européen. Nous voulons arriver à un niveau européen », a indiqué M. Klitschko. « Le meilleur plan d'action est de mettre en œuvre l'accord. Si nous le mettons en œuvre, nous serons véritablement pro-européens », a ajouté M. Yatseniuk.
Coopérer avec la majorité
Devant les députés et M. Füle, l'opposition a promis qu'elle ferait tout son possible pour adopter les textes législatifs « sur l'intégration européenne », les lois nécessaires pour remplir les conditions pour la signature de l'accord. « Nous allons voter les lois sur l'intégration européenne et (…) nous allons stimuler les autorités donc les décisions seront positives pour notre pays », a expliqué M. Tiahnybok. L'opposition a appelé la majorité et le gouvernement à travailler pour remplir les trois conditions demandées par l'UE.
Saluant le fait que les trois leaders de l'opposition « s'associent clairement à l'agenda européen » de l'Ukraine, le commissaire a souligné que « le travail législatif critique doit être effectué à la Verkhovna Rada par tous les partis politiques en début d'automne ». « L'UE évaluera la mise en œuvre des benchmarks par l'Ukraine déjà en octobre », a-t-il prévenu. Pour lui, « malgré la pression du temps, on s'attend à un processus à part entière dans la Verkhovna Rada, avec du temps, non seulement pour le vote mais aussi pour un réel examen. »
La question ukrainienne au G20
Par ailleurs, les membres de l'opposition ont demandé à M. Füle de les soutenir face aux menaces de la Russie en cas de signature de l'accord (EUROPE 10906), en discutant de la question ukrainienne lors du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, en Russie, les 5 et 6 septembre. « M. Füle nous a dit qu'il ferait tout son possible, qu'il essaiera d'en parler », a dit M. Yatseniuk. Le Commissaire ne sera cependant pas présent au sommet du G20, mais le président de la Commission pourrait en parler. Mais, selon des officiels européens, les questions commerciales avec l'Ukraine ne devraient pas être abordées lors du G20. (CG)