login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10907
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

Selon Hollande, tout va se jouer cette semaine

Bruxelles, 26/08/2013 (Agence Europe) - Le président français, François Hollande, a indiqué, le 26 août, que « tout va se jouer cette semaine » concernant la Syrie. « Il y a plusieurs options sur la table, qui vont du renforcement des sanctions internationales aux frappes aériennes en passant par l'armement des rebelles. Il est encore trop tôt pour se prononcer de façon catégorique sur ce qui va se passer », a-t-il expliqué dans une interview au journal Le Parisien. « On ne peut pas rester sans réagir face à l'utilisation d'armes chimiques », a-t-il ajouté.

Son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a promis une « réponse adaptée, proportionnée », « à la hauteur du massacre », à l'arme chimique du 21 août (EUROPE 10904). Une réponse qui serait imminente. « Dans les prochains jours, vous saurez », a-t-il annoncé à la radio française EUROPE 1. Soulignant que toutes les options sont « ouvertes », M. Fabius a ajouté que « la seule option que l'on n'envisage pas, c'est celle de ne rien faire ». Il a souligné le « devoir de réaction », tout en précisant qu'il continue à faire le nécessaire pour une solution politique en Syrie.

Dans une interview à la BBC, le ministre britannique, William Hague, a rappelé que « nous avons essayé les autres méthodes, les méthodes diplomatiques, et nous continuerons à les employer, mais elles ont jusqu'ici échoué ». Il a mis en avant la possibilité d'agir en dehors du Conseil de sécurité des Nations unies, bloqué par la Russie et la Chine. « Est-il possible de répondre à l'usage d'armes chimiques sans unité complète au Conseil de sécurité de l'ONU ? Je dirais que oui », a déclaré William Hague, alors que le Conseil se réunit ce mardi 27 août. M. Hague a précisé qu'il est possible d'agir pour des raisons humanitaires. Interrogé sur la possibilité de frappes militaires cette semaine, le ministre s'est refusé à « spéculer là-dessus publiquement ».

Son homologue allemand, Guido Westerwelle, a précisé que si l'utilisation d'armes chimiques est confirmée « la communauté internationale doit agir. Alors l'Allemagne fera partie de ceux qui soutiennent des conséquences ».

Selon le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, le président Barack Obama considère « toutes les différentes options » sur la Syrie. Et de préciser que si une action est prise, elle ne sera pas unilatérale.

La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, est elle aussi en contact étroit avec les ministres des Affaires étrangères européens et de nombreux interlocuteurs internationaux, selon son porte-parole. Le Comité politique et de sécurité (Cops) doit se réunir vendredi 30 août et la question syrienne pourrait y être discutée. Par ailleurs, dans le quartier européen, quelques dizaines de personnes ont manifesté le 26 août pour demander une réaction de l'UE face à l'utilisation des armes chimiques.

Pour le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, une intervention militaire en Syrie sans l'aval du Conseil de sécurité suggérée par le Royaume-Uni et la France serait « dangereuse » et une « violation grossière du droit international ». Cela ne ferait qu'aggraver la situation, selon lui. Son homologue chinois, Wang Yi, a souligné que « toutes les parties doivent manier le sujet des armes chimiques avec prudence, afin d'éviter une ingérence dans (les tentatives) de résoudre par un règlement politique le problème syrien ». Pour lui, la seule solution est politique et la priorité numéro 1 la Conférence de Genève 2. Des représentants américains et russes doivent se rencontrer cette semaine au sujet de la Conférence de Genève. (CG)