Bruxelles, 26/08/2013 (Agence Europe) - Le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a estimé que la consolidation budgétaire devait d'abord passer par une réduction des dépenses publiques, alors que la France s'apprête à dévoiler une réforme des retraites et, en septembre, un projet de budget 2014 qui se baseraient sur la hausse de certains prélèvements obligatoires.
« La discipline budgétaire doit passer par une baisse des dépenses publiques et non par de nouveaux impôts », a estimé M. Rehn, dans une interview au Journal du Dimanche publiée dimanche 25 août. Selon lui, « les hausses d'impôts en France ont atteint un seuil fatidique (et) lever des nouvelles taxes aurait pour effet de casser la croissance et de peser sur l'emploi. »
Ayant obtenu un délai de deux ans pour ramener son déficit public nominal sous la barre des 3% du PIB, la France doit utiliser cette période pour mettre en œuvre des réformes structurelles tout en respectant la trajectoire de réduction (de 1% du PIB) du déficit structurel, c'est-à-dire débarrassé des effets de la conjoncture. Les autorités françaises doivent trouver 20 milliards d'euros d'économies pour 2014, dont 6 milliards provenant de hausses d'impôts même si une situation économique meilleure que prévu (hausse du PIB de 0,5% au 2ème trimestre) pourrait faire baisser ce chiffre.
M. Rehn a évoqué la possibilité pour la France de faire évoluer sa fiscalité afin de taxer davantage les produits et services polluants. Mais Paris doit « à tout prix éviter de faire peser un fardeau supplémentaire sur le travail », tandis que « la fiscalité sur l'épargne et l'impôt sur les sociétés » sont « trop élevés ». (MB)