Bruxelles, 21/08/2013 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis le 21 août en Conseil extraordinaire sur l'Égypte, pays qu'ils considèrent comme « un partenaire et voisin important », ont décidé de « suspendre les licences d'exportation vers l'Égypte de tout matériel susceptible d'être utilisé pour la répression interne, de réévaluer les licences d'exportation de matériel couvert par la Position commune 2008/944/PESC du Conseil et de revoir leur assistance sécuritaire avec l'Égypte ».
Les ministres ont également chargé la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, en coopération avec la Commission européenne, « d'examiner la question de l'assistance de l'UE à l'Égypte en vertu de la Politique européenne de voisinage (PEV) et l'accord d'association sur la base de l'engagement de l'Égypte au regard des principes qui les sous-tendent ». La PEV et l'accord d'association comportent, entre autres, des références aux droits de l'homme. Mais les ministres précisent qu'ils sont « conscients des besoins du peuple égyptien », et qu'une « assistance dans le secteur socio-économique et à la société civile se poursuivra ». « L'UE suivra de près la situation en Égypte et sa coopération sera réajustée en conséquence », explique aussi le Conseil. « Il est clair que tous les États membres veulent continuer de soutenir le peuple égyptien », a précisé Mme Ashton lors de sa conférence de presse. En amont du Conseil, le ministre suédois Carl Bildt considérait que la suspension du commerce n'est pas quelque chose de « très productif ». Il a précisé que ne pas envoyer l'argent des contribuables suédois à des personnes responsables de massacre est « le minimum ». Son homologue italienne, Emma Bonino, a considéré que les sanctions économiques n'ont pas de poids.
Condamnation de la violence. Soulignant que l'UE suit avec « grande inquiétude » les événements en Égypte, en particulier depuis le 14 août, les ministres ont condamné « dans les termes les plus clairs possibles » tous les actes de violence. Ils ont appelé tous les Égyptiens à mettre un terme au cycle de violence et à s'abstenir de toute action qui pourrait inciter à davantage de violence, demandant aussi que les responsables soient traduits en justice. Le Conseil a estimé que les récentes opérations des forces de sécurité ont été disproportionnées et appelé le gouvernement à la retenue tout en condamnant « fermement » les actes de terrorisme: assassinat de policiers dans le Sinaï, attaques contre des installations gouvernementales ou religieuses et ciblage de la communauté copte. Il a appelé les autorités à mettre fin à l'état d'urgence, à restaurer une procédure régulière de toute urgence, à libérer tous les prisonniers politiques et à respecter les obligations internationales sur le traitement des détenus.
Nouvel appel à l'inclusivité. Les ministres ont une nouvelle fois invité « instamment tous les partis politiques à s'engager dans un dialogue réel et inclusif » pour restaurer la démocratie et indiqué qu'ils attendent la tenue « rapide » d'un dialogue national inclusif ouvert à toutes les forces politiques. Les chefs de la diplomatie prennent note de la réaffirmation par les autorités égyptiennes de leur engagement à mettre en œuvre la Feuille de route.
Saluant l'engagement « soutenu » de Mme Ashton et rappelant qu'elle est prête à de nouveaux efforts si les circonstances le permettent, le Conseil a réaffirmé la volonté européenne de soutenir un processus inclusif, la relance du dialogue politique et des élections possibles, la poursuite du travail de Mme Ashton et du Représentant spécial Bernardino León, ainsi que la volonté d'aider le peuple dans sa quête d'une Égypte stable, inclusive, démocratique et prospère.
Possibles mesures supplémentaires. Les ministres pourraient prendre d'autres mesures. Lors de son arrivée au Conseil, s'il avait souligné qu'« après ce qui a été vu le 'business as usual' n'est pas possible », le ministre des allemand, Guido Westerwelle, a précisé qu'il faut « observer les prochaines étapes et décisions, quelles seront les annonces par rapport au processus constitutionnel et aux élections libres et équitables ». « Nous allons les prendre en considération, observer et ensuite nous tirerons les conséquences en détail », a-t-il ajouté. (CG avec MD et MB)