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Bulletin Quotidien Europe N° 10902
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) efsa

La Coordination apicole européenne dénonce un conflit d'intérêts flagrant

Bruxelles, 02/08/2013 (Agence Europe) - Dr Helen Thompson, écotoxicologue à la tête du groupe 'Risques environnementaux' de l'agence gouvernementale anglaise de recherche pour l'alimentation et l'environnement (FERA), experte en évaluation des risques des pesticides pour les abeilles, quitte son poste pour rejoindre, à compter du 1er septembre, Syngenta, un leader dans la production de pesticides, a-t-on appris jeudi 1er août par la Coordination apicole européenne. Indignée par ce qu'elle qualifie de conflit d'intérêts flagrant, et sachant qu'Helen Thompson, en tant qu''expert abeilles' représentait le Royaume-Uni aux réunions de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et d'autres organisations, la Coordination apicole européenne demande instamment aux autorités européennes et aux États membres de l'UE de « proscrire ces mouvements suspicieux entre des Agences d'évaluation des pesticides et les fabricants de pesticides ». Et de préciser: « Les autorités publiques doivent employer des scientifiques exclusivement indépendants qui peuvent leur fournir une information impartiale. Des mesures devraient également être prises pour contrôler le lobbying agressif des industries de pesticides envers les institutions publiques et les organismes de réglementation. »

Pour la Coordination apicole européenne, le fait qu'un expert de l'abeille chargé des évaluations des risques abeilles et pesticides puisse ainsi quitter le navire et rejoindre les effectifs de Syngenta est un conflit d'intérêts manifeste puisque Mme Thompson « était supposée contrôler » l'industrie des pesticides.

L'organisation rappelle que Dr Helen Thompson a mené une étude fortement critiquée et jugée erronée sur les effets des néonicotinoïdes sur les bourdons. En outre, aussi bien en tant qu'ancienne secrétaire et actuelle présidente du groupe 'protection des abeilles' de l'ICPPR, elle a rejeté des études scientifiques publiées par un groupe de scientifiques et confirmant l'impact désastreux des néonicotinoïdes sur les abeilles. Mme Thompson a contribué à des rapports qui minimisent le lien problématique entre le déclin des abeilles et des pesticides. La Coordination apicole l'accuse aussi d'avoir publiquement minimisé les préoccupations liées à la mort des abeilles en relation avec les pesticides, notamment dans sa déclaration sur la chanine britannique Channel Four en 2011.

La FERA conseillait le gouvernement anglais de s'opposer à la suspension des pesticides.

Le porte-parole de la FERA assure qu'« il n'y a pas de conflit d'intérêts » dans le fait qu'Helen Thompson quitte son poste d'évaluateur du risque pour rejoindre Syngenta. « Cependant comment peut-on avoir confiance en une scientifique qui était payée pour conseiller les fabricants de pesticides et en même temps, était supposée donner un avis et un conseil neutre, non biaisé aux décideurs politiques sur la santé des abeilles et l'évaluation des risques pesticides ? » Pour la coordination apicole européenne, poser la question c'est déjà y répondre. (AN)