Bruxelles, 03/04/2013 (Agence Europe) - Alors que le président français, François Hollande, a appelé mi-mars à la levée de l'embargo sur les armes pour l'opposition syrienne (EUROPE n° 10807), son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius s'est montré beaucoup plus prudent, mercredi 3 avril, précisant que Paris n'a pas encore arrêté sa position. « Nous devons donner une réponse fin mai. D'ici là, je ne peux pas vous dire aujourd'hui oui ou non », a-t-il déclaré, sur les antennes de BFM-TV/RMC. « Il faut faire un travail très précis pour voir qui nous avons en face de nous », a-t-il souligné, rappelant qu'il ne veut pas que les armes arrivent aux « extrémistes de l'opposition ».
M. Fabius a rappelé qu'une réunion de négociations aurait lieu « la semaine prochaine » à Londres, à laquelle la France a demandé la présence du président de la Coalition, Moaz Al-Khatib, du premier ministre de la Coalition, Ghassan Hitto, et du chef d'État-major de l'Armée syrienne libre Salim Idriss. « Nous allons avoir en face de nous ces interlocuteurs pour nous faire une idée sur: 'Est-ce qu'on peut avoir confiance ? Est-ce qu'on peut trouver une solution politique ? », a-t-il souligné.
Déjà le 28 mars, M. Hollande avait employé un ton modéré sur la question de la levée de l'embargo. Lors d'une intervention télévisée, il avait précisé que Paris ne livrerait pas d'armes « tant qu'il n'y a pas de certitude qu'il y a un contrôle total par l'opposition de la situation » et que les armes seront « utilisées par des opposants légitimes et coupés de toute emprise terroriste ». Lors du Conseil européen, il avait dit qu'il avait des garanties sur le terrain pour la livraison d'armes. Une affirmation que son ministre des Affaires étrangères n'avait pas confirmé lors de la réunion du 'Gymnich', précisant que de telles garanties étaient effectivement nécessaires (EUROPE n° 10807 et n° 10808). (CG)